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LES MÉLÉAGRINICOLES
ESPÈCES NOUVELLES
PAR
By DE SOETN
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IMPRIMERIE LEPELLETIER
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LES MÉLÉAGRINICOLES
ESPÈCES NOUVELLES
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A LA SOCIÉTÉ HAVRAISE D’ÉTUDES DIVERSES,
A MM. DESHAYES ET A. MORELET.
Parmi les nombreuses espèces de mollusques que nous ont
procuré nos recherches sur la perforation des Méléagrines et
que nous avons réunies sous la dénomination de Méléagrini-
coles, plusieurs se sont trouvées nouvelles. Nous avions
espéré que l’éminent savant, qui a consenti si gracieusement
à dresser le premier catalogue de cette intéressante collection,
nous donnerait aussi les diagnoses de ces dernières, et nous
l'en avions pressé vivement; mais avec une bienveillance
extrême, il s’est efforcé de nous prouver que nous pouvions
nous mêmes remplir cette tâche, et pour nous enlever toute
hésitation, il nous a prodigué les plus affectueuses leçons.
C'est à cette source, ainsi qu'aux bons conseils de notre cher
ami Arthur Morelet, que nous avons puisé l'initiation. Puisse
le public, que ce genre de travaux intéresse, accueillir le nôtre
avec indulgence, et puissent nos chers maîtres y voir une mar-
que de notre sincère reconnaissance. En plaçant aussi ce tra-
vail sous le patronage de la Société Havraise d’études diver-
1
LENS Re
ses, nous avons voulu remercier cette savante compagnie de
la bienveillance avec laquelle elle nous a admis dans son
sein.
Avant d'entaner la description des mollusques méléagri-
nicoles, qui constituent de nouvelles espèces pour la science,
nous présenterons quelques observations préliminaires, qui
complèteront les renseignements que nous avons précédem-
ment donnés sur le même sujet, dans une note publiée dans
les actes de la Société Linnéenne de Bordeaux.
Indépendamment du travail de perforation exécuté par
certains de ces animaux, ils en accomplissent un autre que
nous avons observé fréquemment. Ce travail tout à fait con-
traire au premier, puisqu'il s’agit d'une œuvre de production
qui s'effectue dans les parties ayant d'abord été détruites,
fait naître le plus grand étonnement. En effet, il se manifeste
souvent dans des circonstances exceptionnelles, et l’on peut
admirer comment un être, dont les facultés semblent aussi
bornées, peut les appliquer cependant à la restauration de
sa demeure, endommagée par accident, en y pratiquant une
soudure ou en y ajoutant une pièce supplémentaire selon le
besoin. Il semblerait, au premier abord, que la destruction
du mollusque doit être une conséquence fatale de l’accident,
et cepéndant il n’en est pas ainsi; car, outre la faculté de se
creuser une demeure dans un corps dur, il jouit encore de
celle d'en construire une semblable par voie de sécrétion;
lorsque la première se trouve détruite ; de la réparer en cas
d'avarie, et de l’approprier enfin aux besoins successifs
de son existence. Toutes ces productions, pour ainsi dire
extra-normales, ont beaucoup plus de solidité que le test.
Nous avons parlé, dans la note antérieure, de rencontres
fréquentes observées chez des modioles méléagrinicoles dans
leur trajet, rencontres toujours funestes à l’un des deux mol-
lusques dont elles terminent l'existence. Dans ces circons-
tances, la galerie du vaincu laisse subsister un vide dans celle
du vainqueur,et ce vide devient encore plus incommode quand
ns
le travail que poursuit ce dernier l’a conduit à traverser de
part en part la demeure du mort. Mais cet inconvénient
trouve bientôt son remède; une cloison soudée aux bords de
l’ouverture remplace la paroi perforée. Notons ici, qu’en pa-
reille occurence, la lutte n'est pas égale entre les deux mol-
lusques; c’est toujours l’animal qui présente le flanc qui
succombe. En effet, la perforation s’opérant par l'extrémité
antérieure de la coquille, on conçoit que dans cette position
relative, l'un des deux êtres ne peut opposer aucun moyen de
résistance. Ces résultats que nous avons toujours constatés
peuvent servir à corroborer l'opinion précédemment émise
sur le rôle que joue dans la perforation l'extrémité antérieure
des valves.
Mais ces cloisonnements à l’occasion d’une rencontre ne
sont pas les seuls travaux du même genre auxquels se livrent
les mollusques méléagrinicoles. Nous avons trouvé des habi-
tations complètement rétablies par voie de sécrétion, quand
les parois détruites par accident laissaient l’animal trop au
large. Il semblerait, d’après cette observation, que certaines
espèces éprouvent le besoin d’être plus étroitement enfer-
mées, et de sentir, par le contact, la muraille qui les abrite.
Nous avons sousles yeux un remarquable exemple de recons-
truction entière. Une large excavation dans le test d’une
méléagrine avait conduit le mollusque de celle-ci à pratiquer
une soudure vésiculeuse dans les couches internes de sa co-
quille. Entre cette soudure et les couches extérieures se
trouva un vide considérable. Au point où l’excavation exis-
tait, s’était logé un modiolus caudigerus, que le travail de la
méléagrine ne satisfit point, l’espace qui l’entourait demeurant
vraisemblablement trop large et le mettant ainsi trop à l'aise ;
mais il sut y porter remède en construisant lui-même une
enveloppe épaisse qu’il modela sur sa coquille et qu’il appuya
sur la paroi qui avoisinait la communication avec le dehors,
ne laissant subsister qu’un très leger intervalle entre son pro-
pre test et la paroi intérieure de son habitation nouvelle.
Les modioles effectuent un travail analogue, équivalant à
ECS PR
une construction presque complète, dans d’autres circons-
tances et particulièrement quand les alentours de leurs habi-
tations sont envahis par les vioa dont les excavations sans
nombre finissent par constituer une sorte de carie pour la
méléagrine. Dans ce cas, le modiole répare pour son propre
compte la demeure de son hôte, et entame une lutte avec
les vioa qui finissent cependant le plus ordinairement par le
pénétrer.
Dans presque toutes les perforations, mais surtout dans
celles qui proviennent d'individus dont l’âge paraît être
avancé, on remarque un allongement da tube, et la portion
qui communique avec le dehors est revêtue d’une couche de
sécrétion. Ces allongements sont plus fréquents chez les gas-
trochènes et ils atteignent parfois une longueur quatre à cinq
fois égale à celle de la coquille; en outre ils présentent, sur
une certaine portion de leur étendue, une sorte de réseau for-
mé de lames saillantes. Les couches de sécrétion qui garnissent
les tubes formant l'extrémité externe des perforations offrent,
suivant les espèces, quelques modifications dans leurs for-
mes, et sont en conséquence appropriées aux organes du
mollusque. Ainsi l’onverture par laquelle le Gastrochæna
denticulata communique avec le dehors est simple, évasée, et
s’'épanouit sur la valve de la méléagrine où la sécrétion forme
une légère callosité; tandis que celle du Gastrochæna Folini est
double, le tube chez cette espèce étant divisé en deux parties
par une arète. Cette arète s'élève au-dessus de la surface du
tube suivant deux arcs qui se rapprochent et se réunissent à
son sommet, ce qui donne une forme arrondie à chacune des
portions du tube qu’elle divise et dans lequel évidemment
doivent agir deux siphons. Il en est de même pour le modio-
lus caudigerus ;-la section de l’ouverture chez l’une et l’autre
espèce, présente la figure d’un huit non fermé a:
Nous citerons encore quelques individus du genre pholade
qui nous ont présenté un travail remarquable, d’une grande
régularité, garnissant presqu'entièrement les parois de leur
perforation, et d’une épaisseur notable. Ces sécrétions, mou-
CNP = de
lées sur les excavations qu’elles revêtent, ont la forme de
cônes très allongés, tronqués près du sommet pour laisser
une ouverture libre ; leur épaisseur s’amoindrit vers la base,
et la partie sphérique qui constitue le fond de la perforation
està nu; le trajet est en direction opposée avec les couches
de la méléagrine. C’est ainsi qu'en brisant celle-ci, le tube
construit par la pholade demeure intact; on peut le comparer
à la cheminée d’une verrerie qu’il reproduit exactement en mi-
niature. Nous conservons un fragment de méléagrine où l’on
remarque sur un espace moindre de deux centimètres, qua-
tre perforations de pholades présentant ce genre de travail.
Les sécrétions dont il s’agit diffèrent sensiblement de
celles qui constituent le test des mêmes mollusques; en
général,elles sont d’un gris pâle tirant un peu sur le verdâtre,
empâtées et grenues. Mais ce qui est surtout digne de re-
marque, c’est que les appendices dont sont pourvues les
modioles (caudigera, appendiculata et attenuata en particu-
lier) paraissent être le résultat d’une formation identique. De
cette remarque on peut tirer une induction sur l'usage de ces
parties accessoires qui diffèrent de la coquille sur laquelle elles
viennent se souder, et conclure qu’elles doivent, comme le
tube qui garnit les parois de la perforation, servir à diriger
et à protéger les organes qui communiquent avec le de-
hors.
Avant de terminer ces observations préliminaires, nous
reviendrons encore sur l'opinion que nous avons précédem-
ment émise, que le travail perforateur des mollusques mé-
léagrinicoles n’est pas le résultat d’une simple action méca-
nique.
Effectivement, si nous examinons le travail des gastrochè-
nes, par exemple, et si nous prenons un de ces mollus-
ques à son premier âge, nous le trouverons dans une cavité
simple et en rapport à peu pros exact avec ses dimensions.
Tous les individus que l’on observera à cette première période
de leur existence se montreront dans des conditions identi-
SA Ge 72e
ques. Passant à l'examen des adultes, nous verrons que la
perforation s’est prolongée; elle est devenue trois ou quatre
fois, cinq fois peut-être, aussi longue que la coquille, et un
espace plus large, arrondi vers le fond, a été ménagé pour
loger commodément celle-ci; le reste forme un tube qui s’a-
mincit légèrement jusqu’à l’orifice dont les dimensions sont
beaucoup plus grandes que celles que pouvait avoir la cavité
du jeune âge. Le mollusque s’est donc éloigné peu à peu de
cet orifice, sans que sa taille, toujours croissante, ait pu lui
permettre de reporter sa coquille en arrière pour en élargir
les parois.
Si on l’observe à la dernière période de son développement,
on le trouvera fort éloigné de ses premiers travaux; sa taille
ne lui permet plus d’en approcher; sa coquille se trouve
confinée dans la cavité inférieure de la perforation sans avoir
la faculté d’en bouger. Cependant le tube qui la garnit d’un
bout à l’autre, qui s’est beaucoup allongé et élargi, qui par-
fois s’est recourbé ainsi que nous l’avons dit et que nous le fi-
gurons (Plan. 1, fig. 12); subit encore quelques modifications
indépendantes de cette augmentation en capacité. Il est bien
évident qu'il a servi d'abord d'habitation au gastrochène; que
peu à peu celui-ci l’a agrandi, jusqu'au moment où, parvenu
au terme de sa croissance, il a dû l’achever complètement.
Il a donc fallu qu’il en augmentät le diamètre sans que sa
coquille ait quitté la cavité inférieure où elle était fixée.
Celle-ci n’a donc pu participer en rien aux dernières modifi-
cations qui convenaient à son existence désormais invariable ;
agrandissement du tube d’une part, revêtement des parois,
établissement d’un réseau de lames saillantes, d'autre part;
mais alors seulement que le tube a reçu ses dimensions dé-
finitives. Dans ces conditions, l’agrandissement ne peut plus
être le résultat d’un travail de la coquille ; le mollusque seul
a pu y participer, et dès lors peut-on l’attribuer à une simple
action mécanique ? (1)
(1) Nous ignorions quand nous rédigions ceci, que M. Deshayes avait
d’une façon péremptoire décidé cette intéressante question en décou-
= —
De telles recherches exigent certainement une étude pro-
longée pour en fixer tous les points d’une façon précise. Mais
entrer dans plus de développements serait sortir du cadre
que nous nous sommes tracé, etrentrant dans notre étude spé-
ciale nous nous bornons à ce qui précède. Il faut cependant
que nous disions encore que les méléagrines qui ont été sou-
mises à nos recherches proviennent de deux sources, toutes
deux de l’Océan pacifique; les unes ont été pêchées aux envi-
rons des Negritos, ce sont les moins riches en méléagrinicoles ;
les autres ont été prises autour des îles aux Perles, dans la
baie de Panama.
vrant l'organe sécréteur du liquide dissolvant qui vient en aide au travail.
Nous pensons néanmoins que nos observations peuvent présenter quel-
que intérêt et nous les conservons.
Ep ee
LES MÉLÉAGRINICOLES.
On pourrait critiquer la dénomination de méléagrinicoles,
que nous ayons donnéeaux espèces que nous décrivons sous ce
titre. Nous croyons donc nécessaire de déclarer que nous avons
seulement voulu caractériser les circonstances particulières
dans lesquelles ces espèces furent découvertes. Sans aucun
doute la plupart, si ce n’est toutes, n’habitent pas seulement
la méléagrine et au milieu des adhérences de celle-ci. Mais
c'est là qu'elles ont été trouvées pour la première fois ; et il
ne nous semble pas qu’en leur assignant une épithète qui
signale ce fait, assez important, nous assumions sur elles
cette conséquence qu’elles ne peuvent rentrer dans des caté-
gories qui leur sont peut-être plus naturelles.
Ï. — GASTROCHOENA DENTICULATA. DESHAYES.
Proceed. Zool. Soc. Lond.
PI. I, fig. 1 — 4.
Cette espèce n'ayant pas encore été figurée, nous la repré-
sentons la première, comme une des plus belles et des plus
intéressantes, du reste elle occupe déjà ce rang dans le cata-
logue des genres méléagrinicoles dressé par M. Deshayes.
L'espèce qui suit a été aussi décrite par cet auteur qui, à cet
effet, a rédigé l’article ci-après :
HA —
II. — GASTROGHOENA FoLinI. DESHAYES.
DIN Es GI
G. Tubulo angusto, prælongo, sensim attenuato, elevalo,
corporibus alienis immerso, intus, medio transversim irrequ-
lariter rugoso.
Testa ovato-oblonga, spathulata, depressiuscula, antice atte-
nuata, posterius obtuse truncata tenui, fragili, albida, epider-
mide griseo-fulvo vestita, longitudinaliner striato-rugosa,
hiatu maximo, fere totam altitudinem testæ æquante, antice
inferumque aperta, umbonibus minimis, approximatis antice
inflexis ; latere antico brevissimo ; margine cardinal angus-
to, intus calloso, callo irregulari, plus minusve dilatato.
Var. $. tesia minore angustiore, callo cardinali maximo.
Il nous a paru équitable de témoigner à M. de Folin tout
l'intérêt qui s'attache à ses patientes recherches en donnant
son nom à l’une des plus intéressantes espèces qu'il a dé-
couvertes.
Le Gastrochæna Folini se distingue assez facilement parmi
ses congénères ; il est plus étroit, plus comprimé que la plu-
part d’entr'eux. Les valves sont cblongues, rétrécies en avant,
dilatées en arrière, ce qui les rend spatuliformes, obtusément
tronquées de ce côté ; leur surface est couverte de stries su-
blamelleuses assez régulières dans le jeune âge, beaucoup
moins dans les vieux individus où elles se transforment en
rides irrégulières. Les valves étant réunies, montrent en avant
et en bas une grande ouverture presque aussi longue que
toute la coquille ; et qui s’atténue lentement en arrière. Les
bords des valves sont simples, assez épais ; les crochets peu
proéminents s’inclinent en avant, se rapprochent mais ne se
touchent pas. Le côté antérieur est très court. La charnière
simple et étroite porte en dedans et jusque dans la cavité des
crochets une callosité assez mince, dilatée, mais irrégulière
él
dans le même individu, la callosité d’une valve n'étant pas
absolument semblable à celle de l’autre.
Nous avons indiqué une variété dans laquelle cette callo-
sité a pris un développement plus considérable.
Les plus grands individus ont 17 millimètres de long et8
de large.
IIL. — GASTROCHOENA DISTINCTA.
PL. I, fig. 13 — 16.
Testa ovato-oblonga, turgida, tenui, alba, minute et satis
regulariter striato-lamellosa, hiatu magno, subcordato, obli-
quo antice inferneque aperta, linea laterali troncaturæ antice
concaviuscula, postice conveæa, cuneiformi; truncatura testæ
1/4 longitudinis œquante ; umbonibus tumidulis, brevibus,
contiquis ; latere antico brevi ; cardine simplici.
Alti. 0m,041. Lati. 0,005. Diam. 0",0055.
Les individus de cette espèce que nous avons trouvés jus-
jusqu'ici sont d’une taille inférieure aux autres méléagrinico-
les du même genre, car le plus grand d’entre eux ne mesure
que onze millimètres. Elle se distingue par sa couleur d’un
blanc mat, la finesse et la transparence de la coquille qui est
surtout sensible dans les intervalles que laissent entre elles
de larges stries lamelleuses assez régulières et profondes. Ces
stries sont festonnées près du bord antérieur de la coquille qui
se réfléchit légèrement en dehors, le long de Pentrebaïllement
large et presque cordiforme des valves. Cette réflexion des
bords, plus sensible au point de jonction antérieur des mêmes
valves, produit à l’intérieur un renflement calleux qui s’épa-
nouit en s’arrondissant en avant et se prolonge postérieure-
ment le long des bords. Ceux-ci prennent en arrière une for-
me convexe, tandis qu’ils sont faiblement échancrés anté-
rieurement.
— 13 —
IV. — PHoLas CONTRACTA.
Nous mentionnerons, pour mémoire seulement, cette cu-
rieuse espèce, par laraison que nous n'avons encore pu nous
en procurer qu’un seul individu endommagé par l'extrac-
tion, Nous attendrons, pour en donner une bonne diagnose,
que nos recherches nous aient fourni quelques autres spéci-
mens.
V. — SAXICAVA INITIALIS.
PI. IL, fig. 1 — 8.
Testa subæquivalvi, angusta, depressiuscula, alba, creta-
cœa ; transversim inæqualiter striato-rugosa ; latere antico
brevissimo, rotundato ; postico latiore obtuse truncato ; mar-
gine inferiore fornicatim reflexo, anguste hiante ; angulo ab
umbone ad angulum posticum decurrente, intus profunde im-
presso ; umbonibus acutis, paulo prominentibus ligamento
breviusculo ; marginibus simplicibus ; cardine crassiusculo,
unidentaio ; in altera valvula inœqualiter bidentato.
Altit. 0,018. Latit. 0®,0085. Diam. 0,005.
Le saxicava initialis est une coquille allongée très inéquila-
térale, plus large dans sa partie postérieure qu’antérieure-
ment, de couleur blanche, son aspect est crayeux, caractère
particulièrement sensible sur les points de la surface qui ont
perdu le léger épiderme fauve dontils étaient revêtus. Elle est
striée d’une manière inégale; les stries concentriques qui ac-
cidentent la surface externe des valves, sont elles-mêmes très
irrégulières et quelquefois rugueuses. Ces siries se contour-
nent sur un angle décurrent, qui part du sommet et qui vient
aboutir sur le bord postérieur, vers la partie inférieure de la
coquille. La trace de cet angle est visible à l’intérieur des
valves, et quelquefois il fait subir au bord sur lequel il se
termine, une sorte de pincement. On remarque également
au-dedans quelques sillons qui sont dûs à la pénétration des
CLR ER
stries les plus vigoureuses. Les bords postérieurs demeurent
légèrement baillants. La valve gauche est un peu plus grande
que celle de droite. Sans former d'angle aigu comme dans
d’autres espèces, les bords postérieurs s’arrondissent et s’é-
paississent légèrement pour donner naissance à la charnière.
Les sommets sont proéminents, opposés, tant soit peu aigus.
Les empreintes musculaires et palléales sont fort peu mar-
quées.
Nous avons donné les dimensions du plus grand individu
recueilli.
VI. — SAXICAVA ACUTA.
OO CORTE
Testa pauld elongata, valde inœquilaterali, inæquivalvi
depressa ; alba cretacea ; transversim inæqualiter striato-rugo-
sa ; latere antico ab umbonibus ad inferiorem marginem su-
biter currente, postico angustiore fere acuto ; angulo decur-
rente vix expresso ; umbonibus acutis, prominentibus ; liga-
mento breviusculo ; antico margine reflexo, postico et inferio-
re simplicibus, cardine crassiusculo.
Long. 0,006. Lat. 0",0035.
Cette seconde espèce de saxicave est des plus remarquables.
Un peu allongée, elle est déprimée, inéquivalve, inéquilatérale,
les bords antérieurs s’échappant presque à angle droit, à par-
tir des sommets, pour aller rejoindre la partie inférieure des
valves, en sorte que la coquille a sa plus grande largeur pré-
cisément sur la ligne qui réunit les bords antérieurs et infé-
rieurs. À partir de ce point, le bord inférieur s'incline pour
rejoindre le postérieur, ce qui fait que la coquille devient
presque aiguë dans sa partie postérieure. Elle est inégalement
striée, blanche, un peu crayeuse, beaucoup moins cependant
que l’initialis. Les stries se contournent sans arrêt sur l’an-
gle décurrent, qui est pour ainsi dire nul, et dont la trace se
trouve extrêmement rapprochée du bord postérieur. Elles ne
ESPN SEE
laissent aucune impression percer au-dedans des valves ; ces
parties intérieures sont lisses et c’est avec difficulté que l’on
peut y distinguer les empreintes musculaires. Les bords
postérieurs sont à peine baillants, les deux valves se rejoi-
gnant presque parfaitement. Sur cette espèce c’est la valve
gauche qui est plus grande que la droite. Le bord antérieur
se réfléchit un peu, les autres sont simples, le ligament exté-
rieur est court; les sommets sont proéminents, opposés,
aigus.
VII. — SPHENIA FRAGILIS. CARPENTER.
Carpenter. Catal.of the Reigen coll.of mazatlan mollusca, p.24
PI. Il, fig. 7 — 9.
Cette espèce n'ayant pas été figurée par Carpenter, nous
avons pensé qu'il était utile de combler cette lacune, d’au-
tant plus que l'espèce étant très-voisine du Sphenia Ben-
ghami, il est difficile d'apprécier, par une simple description,
les caractères différentiels qui les séparent.
VIII. — SPHENIA PACIFICENSIS.
PÉLIT, fig 10 Il.
Testa ovato-elongata, paulo inæquilaterali, valde inæqui-
valvi, albula, semitranslucida ; strigis transversis, concentri-
cis fere regularibus ornata ; postico latere antico angustiori,
epidermide levi induto, super strigas sinuato ; umbonibus
magnis acutis, ab umbone angulo obtuso decurrente, postico
truncato hiante.
Alti. 0,008. Lat. 0",0045. Diam. 0,002.
Cette espèce est comme celle qui précède, une coquille de
forme transverse allongée ; elle diffère cependant du
de 167 —
Sphenia fragilis sur plusieurs points. D'abord les sommets
se rapprochent beaucoup plus du milieu des valves que
de leur extrémité antérieure, ce qui n’a pas lieu chez le
fragilis. La coquille n’est point ventrue près des sommets
comme celle-ci. Sa forme, au contraire, est atténuée sur
presque toute son étendue, un seul petit renflement se
laisse apercevoir vers le corselet. Elle ne s’élargit pas non
plus dans la partie antérieure ainsi que cela a lieu chez
la première, ses bords inférieurs tombent presque droits
vers la troncature qui est garnie d’un épiderme beaucoup
moins épais, et qui paraît ne pas se prolonger aussi loin
au dehors. Un très léger angle décurrent partant des
sommets vient rejoindre à peu près l'angle externe de la
troncature qui est moins tranchée que dans l'espèce précé-
dente. Les stries sont un peu plus régulières, plus vivement
accusées en saillie et en épaisseur, elles laissent entre elles
des sillons plus profonds qui s’impriment à l’intérieur des
valves. Le Sphenia pacificensis est aussi plus épais, moins
fragile, moins translucide ; ses crochets sont aigus, la char-
nière est la même’ que celle du fragilis. Les empreintes
musculaires sont un peu allongées, lempreinte palléale
rejoint la postérieure en décrivant un sinus assez aigu, le
tout au reste est peu prononcé.
IX. — CuminGra MouLinsri.
PI. IL, fig. 12 — 15.
Testa ovata, depressa, subæquilaterali, subtranslucida,
lactea ; lamellis validis, distantibus, œqualibus, ad umbones
vanescentibus, antice posticeque prominentibus ; inter lamel-
las strigis longitudinalibus regulariter ornata ; latere antico
rotundato, postico superne declivi, extremitate angustiusculo ;
umbonibus minimis, acutis, oppositis ; Mmarginibus incrassa-
tis, cicatriculis muscularibus magnis, inœqualibus, paulà exca-
vatis, subduplicibus ; cardine crasso ; dentibus lateralibus
TEL
magnis, oblique prominentibus; fossula ligamenti magna pau-
tulum obliqua.
Alt. 0®,008. Lat. 0,005. Diam. 0®,004.
Nous dédions cette charmante Méléagrinicole à l’'éminent
président de la Société Linnéenne de Bordeaux, M. Charles des
Moulins, et nous espérons qu'il voudra bien agréer cet homma-
ge comme une marque particulière de notre estime et de notre
gratitude. La Cumingia Moulinsii est une coquille de forme
presqu'ovale, bien que nous l'ayons rencontrée quelquefois
considérablement déformée par suite de son accroissement
dans un espace où elle était gènée. Elle est déprimée par
suite d’angles très-émoussés vers son extrémité postérieure,
et paraît presque tronquée; elle est plus large antérieu-
rement que postérieurement. Presqu'équilatérale, les deux
valves se rejoignent partout, si ce n’est en avant où un
tres-faible baïllement s'aperçoit plus ou moins. De couleur
blanche un peu diaphane, elle est ornée de lames concen-
triques en saillie, bien plus proéminentes sur les bords que
vers le centre des valves. Ces lames réfléchies se retournent
légèrement vers les sommets, et, à mesure qu’elles en
approchent, elles deviennent de moins en moins fortes et
saillantes, réduites successivement à l’état de simples stries,
elles s’évanouissent à peu près dans le voisinage des som-
mets ; elles sont proportionnellement à égale distance régu-
lièrement tracées, et dessinent bien à leur base la convexité
des valves, Des stries rayonnantes très-nettes, arrondies,
régulières, apparaissent dans l'intervalle des lames et ornent
le dessus des valves. Chez quelques individus la demie
transparence du test permet de les apercevoir plus nette-
ment en dedans qu'en dehors. Les sommets sont petits,
opposés ; les crochets aigus. Les empreintes musculaires
sont profondes, inégales, de formes différentes, et pour
ainsi dire doubles, l’empreinte palléale décrit un grand
sinus très-aigu. Les bords sont épaissis et garnis intérieu-
rement, sur une marge assez mince, d'une petite partie
membraneuse qui dessine le limbe et qui s’épaissit légèrement
SMS EE
en approchant de la charnière. Celle-ci, très-développée, est
caractérisée par un cuilleron énorme, demi circulaire, un
peu oblique, dans lequel se creuse la fossette du ligament ;
et par deux dents latérales très-fortes.
X. — PETRICOLA ANACHORETA.
INT Al EME
Testa suborbiculari, inœquilaterali, inœquivalvi, costellis
radiantibus, sinuosis angularibus, imbricatisque ornata; inter
costulas sulcata ; fortiter costulis prominentibus postico mar-
gine valde emergentibus ; regulariter concentriceque striala,
strigis squamosis super costulas ; latere postico valde hiante ,
umbonibus fere nullis ; ligamento brevissimo, dente cardinali
magna, paulo bifida.
Alli. 0®,014. Lal. 0,011. Diam. -0,008.
Nous avons choisi ce nom d’anachorète comme propre
à indiquer une particularité fort remarquable que nous
avons eu l’occasion d’observer chez un de ces pétricoles.
Un individu paraissant fort vieux, à en juger par sa taille,
par le développement de certaines parties de son test ainsi
que par son apparence caduque, n’avait pas trouvé suflisante
sans doute la séquestration que lui procurait la cellule
qu’il s'était creusée dans la méléagrine. Sur tout le limbe
de sa valve gauche s’épanthait une épaisse sécrétion qui,
en se repliant, embrassait une marge assez large sur la
valve droite. Cette sécrétion n’était pas adhérente, eependant
elle avait assez pressé la coquille pour conserver l'empreinte
de tous les accidents de sa surface, en sorte que l’une et
l'autre valve se trouvaient serrées de trop près pour pou-
voir s’écarter, et, à bien plus forte raison, s'ouvrir. Leur
baillement seul à la partie tronquée demeurait libre et lais-
sait à l’animal un oritice assez large par lequel il communi-
quait avec l'extérieur. A ce point, le travail de claustration
s’arrêtait sur le limbe, pour remonter sur la valve droite
——— Â Le] _——
qu’il contournait en laissant le milieu de la surface de celle-
ci à découvert. La clôture était donc bien complète ex-
cepté vers la troncature. En pareil cas la sécrétion, comme
nous avons déjà eu l’occasion de le faire remarquer, n’est pas
exactement de même nature que celle qui a servi à former
la coquille. Néanmoins, dans les parties où il y a soudure sur
la valve gauche, cette sécrétion participe jusqu’à un certain
point de la nature du test sur lequel il s'applique. On
trouve alors qnelqu’analogie de structure dans l’un et l’autre
travail. Cette analogie néanmoins ne tarde pas à disparaître,
car partout ailleurs, bien que des couches et même des
stries laissent apercevoir des degrés différents d’accroisse-
ment, le travail ne se présente plus que sous les formes
les plus irrégulières, tourmenté, granuleux, il consiste en
une enveloppe pâteuse qui s'applique et lute tout le tour des
valves. «
L'animal s'était donc doublement renfermé; par quels
motifs ? À quelle cause attribuer cette singulière et anormale
circonstance ? Peut-être de nouveaux exemples de cette
réclusion excessive viendront-ils éclairer la question en
fournissant quelques particularités qui pourront servir à
expliquer le fait.
Le Petricola anachoreta est une coquille très-inéquilaté-
rale et très-inéquivalve, presqu'orbiculaire, bien que les
bords inférieurs fassent une forte saillie en dehors pour
retomber ensuite obliquement vers l'extrémité postérieure
de la coquille qui est nettement tronquée sur la valve
gauche. Les bords postérieurs et inférieurs de cette valve
se réfléchissent tout à coup vers le dehors, et, par une
sorte de pincement, forment deux angles à peu près placés
à la même hauteur. Entre ces deux angles la réflexion
devient plus prononcée, et il se produit ainsi une gorge
sur toute la largeur de la troncature. Ceci constitue
l'entrebaillement des valves. Cet effet n’est que très-peu
sensible sur celle de droite. Des côtes rayonnantes, si-
nueuses, imbriquées, quelque peu anguleuses, sont sépa-
MAD ESS
rées par des sillons proportionnellement très-larges. Ces
côtes sont beaucoup plus fortes et plus saillantes vers la
partie supérieure, et le bord tronqué se trouve souvent
dépassé par leur prolongement au-delà du limbe. Ces
prolongements, en forme de tuiles, sont surtout d’une
exagération surprenante chez l'individu doublement enfermé
dont il a été question. Vers les sommets, les côtes devien-
nent très-irrégulières dans leurs directions, elles s’entre-
mêlent et il est alors très-difficile de les suivre; cette difficulté
s'accroît encore par suite de leur atténuation ; elles dispa-
raissent même parfois complètement sur la partie proémi-
nente des valves. Celles-ci subissent fréquemment en cet
endroit une dépression circulaire formant un large sillon
qui part du point culminant et qui se trouve protégé du
côlé des charnières par un revers saillant. Ce sillon con-
tourne la valve parallèlement au bord inférieur, cette parti-
cularité se rencontre de préférence sur celle de droite. Des
stries concentriques assez régulières, légèrement onduleuses,
sont facilement aperçues dans les sillons qui séparent les
côtes, elles deviennent écailleuses en montant sur celles-ci.
Les empreintes musculaires sont bien prononcées, et colo-
rées, ainsi que la région environnante, par une teinte brune
qui se fond en une nuance rougeâtre, un peu plus vive
sur la partie postérieure. La surface extérieure, tout en se
ressentant un peu de cette coloration, demeure néanmoins
d’un aspect grisâtre. Les sommets sont émoussés ef presque
sans traces de crochets. Les dents sont très-prononcées ;
la dent cardinale de la valve gauche est plus forte et tant
soit peu bifide ; le ligament est extrêmement court.
XI. — PETRICOLA VENUSTA.
PL IL 6e 7
Testa ovato-elongata, valde inæœquilaterali, postice angus-
tiore ; costulis radiantibus, sinuosis, obtusis et strigis inæqua-
hbus interstitialibus ornata ; umbonibus parvulis ; ligamento
BEL AO
brevissimo ; dente cardinali maxima ; valvulis intus et postice
fusco-rubescentibus, extus violascentibus ; cicatrice musculari
conspicua.
Alli. 0,009. Lat, 0,006. Diam. 0,005.
Ce pétricole diffère du précédent en ce qu’il est beau-
coup plus allongé, les bords postérieurs et inférieurs
s'abaissant avant d'atteindre la troncature, beaucoup
plus que dans l’aütre espèce. La troncature elle-même est
moins large, et presqu’égale sur les deux valves; la réflexion
des bords postérieurs et inférieurs se recourbe beaucoup
moins que celle de l’anachoreta quoique s'étendant davan-
tage, seulement ici cette extension s’opère suivant une
surface à peu près plane; par suite l’entrebaillement se trouve
moins ouvert. Une différence essentielle qui sépare l’ana-
choreta de la venusta c’est que chez la première, les valves
sont tuès-inégales, tandis que chez l’autre elles offrent peu
de différence. Les côtes de cette seconde espèce sont en
outre beaucoup plus rapprochées les unes des autres,
moins irrégulières, nullement imbriquées, enfin émoussées
au lieu d’être anguleuses ; les stries qui s’aperçoivent dans
les sillons disparaissent presque complètement sur la saillie
des côtes qui frangent légèrement les bords. L'intérieur des
valves est assez vigoureusement coloré en brun rouge à la
partie postérieure, tandis que la partie antérieure reste d’un
jaune roux pâle. En dehors, les valves offrent une teinte
violacée qui se fond en une nuance d’un roux pâle. Les
empreintes musculaires sont très-prononcées, les sommets
presque nuls. Une forte dent cardinale se montre sur chaque
valve ; celle de la valve gauche est bifide ; les dents latérales
sont atténuées.
XII — Ervana (Kellia) B1occuLTrA.
PI. IL, fig. 8 — 10.
Testa minuscula, subglobulosa, subinæquiluterali ; antice
LINE
pauld breviori, tenui fragile, nitida ; minutissime transversim
striata ; pallide lutea, intus albicante ; umbonibus tumidulis,
oppositis ; marginibus circularibus, intus paulo incrassatis ;
cicatriculis muscularibus fere œqualibus ; dent: cardinali ad
anticum latus uncinalo.
Alti. 0,005. Lat. 0,006. Diam. 0,0045.
Nous avons très-fréquemment rencontré cette Erycine
dans les perforations de la Méléagrine, mais presque toujours
à l’intérieur des valves d’un des animaux perforants. C'est en
raison de cette particularité de se trouver doublement enfer-
mée ou cachée, que nous lai avons donné son nom. On la
trouve cependant aussi quelquefois dans les excavations de
vioas etla même cavité sert souvent de demeure à plusieurs
individus qui y sont groupés.C’est unetrès-jolie petite coquille
globuleuse, à peu près équilatérale, transparente, brillante
et très-mince. Quoique fragile elle l’est cependant moins
qu’on pourrait le croire au premier coup-d’œil ; sa force de
résistance est due à l’épaississement des bords inférieurs.
En dedans elle perd un peu de son lustre et prend une
très-légère teinte blanchâtre ou plutôt laiteuse. A la loupe
on aperçoit facilement des stries très-fines et concentriques.
Les sommets sont opposés et peu proéminents, les em-
preintes musculaires presqu’égales et les dents assez fortes ;
sur la valve droite on remarque une dent cardinale digitée,
sur celle de gauche la dent est recourbée en crochet vers la
partie antérieure. Les fig. a b et a b’ dela planche IIT repré-
sentent les détails de la charnière.
XIII. — Ervcina (Kellia) PROxIMA.
PLAIT Ag M2;
Testa minuscula, ovato-oblonga, subinœquilaterali, tenui,
fragili, minutissime transversim striata, nilida, lutescente ;
margine postico longiore, basali ferè recto ; umbonibus par-
vulis, oppositis ; dente cardinale ad wmbones uncinato.
Alli, 0,005. Lat, 0,0075. Diam. 0,0045
LES
L’Eryeine dont il s’agit ici se rapproche beaucoup de celle
qui a été décrite dans le numéro précédent. Elle en diffère
cependant par son allongement et par sa forme beaucoup
plus inéquilatérale, la partie postérieure étant plus longue
que l’antérieure. Le bord inférieur de cette espèce est tout.
à-fait droit ; il se recourbe et s’arrondit franchement à son
extrémité sans aucune trace de troncature, de même que
chez l’Erycina biocculta, en d e pl. III fig. 9 et 10. Comme
celle-ci la proxima est mince, fragile, transparente, très-
brillante ; les bords en s’épaississant perdent de leur trans-
parence et prennent alors une teinte blanchâtre. Les som-
mets sont médiocres, les empreintes musculaires à peu
près égales. La charnière est la inême que chez l'espèce
précédente, seulement c’est vers le sommet que la dent
cardinale se recourbe et forme le crochet. Aïnsi que l’Erycina
biocculta la proxima se rencontre très-fréquemment dans
les perforations. Il nous est arrivé souvent de la trouver par
groupes formés d'individus très-petits et vraisemblablement
très-jeunes, renfermés dans la même cavité, et de nom-
breuses observations nous autorisent à croire que les deux
espèces déposent leurs œufs dans les perforations où les
jeunes vivent quelque temps en famille, et qu’elles se sépa-
rent ensuite pour se répandre dans les excavations voisines.
On peut supposer aussi qu’elles parviennent parfois à intro-
duire leurs œufs dans des cavités autres que celles qu’elles
habitent ; ce qui porte à le croire c’est qu’il n’est pas rare
de rencontrer ces réunions de très-jeunes Erycines dans
des espaces trop petits pour avoir pu contenir une coquille
adulte ; de même qu'il arrive en d’autres circonstances,
que les coquilles sont devenues trop grandes pour sortir
du lieu qui les a vu naître.
XIV. —- ERYCINA TRIANGULARIS.
PL. JUL, fig. 13 — 15.
Testa minuscula, oblonga, trigona, depressa, valde inœqui-
RER CE
laterali, tenui, fragile, nitidissima translucida, albo-luteola,
medio minutissime transversim striata ; umbonibus minimis,
acutis, oppositis ; latere antico breviter obtuso, ad lunulam
concaviusculo ; margine dorsali oblique declivi, recto; infe-
riore recto; extremitate postica angustata, obtusa ; cardine in
utraque valva profunde emarginato.
Alli 0,002. Lat. 0,0015, Diam. 0.0005.
Cette petite Erycine est très-remarquable par sa forme
presque triangulaire et néanmoins dépourvue d’angles, ses
bords s’arrondissant dans toute leur périphérie. Elle est
allongée inéquilatérale , la partie antérieure étant moins
longue mais un peu plus large que la postérieure. Les
bords antérieurs et postérieurs sont très obliques d’où
résulte la forme subtriangulaire qui la distingue, les crochets
formant le sommet du triangle dont le bord inférieur repré-
sente la base. Le bord antérieur est concave, et le postérieur
est convexe ; tous deux en se réflechissant produisent une
sorte d'expansion externe des valves. Vers le milieu de la
coquille, le bord inférieur qui avait subi de légères inflexions
à la suite de la courbure des angles, devient quelque peu
convexe. Ils sont tous épaissis. Très-minces, fragiles, de
couleur jaunâtre, très-brillantes, les valves paraissent lisses
sur les deux tiers de leur surface , quelques stries très-
fortes relativement à l’exiguité de la coquille apparaissent
au nombre de quatre tout au plus sur les bords. Les som-
mets sont petits, obliques, très-émoussés. Cette espèce
semble rare car nous n’en avons rencontré jusqu'à présent
que deux spécimens.
XV. — CYPRICARDIA NOEMI.
PI. IV, fig. 1—2.
Testa elongata rhomboida, valide inœquilaterali, antice bre-
viore, postice paulo angustiore, alba ; transversim et irregu-
lariter striata, sulcis minute granulosis reticulata ; posterius
SNQRES
angulata, angulo intus impresso, umbonibus acutis, obliquis ;
cardine magno, crasso bidentato.
Alti. 0,0055. Lat. 0.0035. Diam. 0,008.
Cette charmante petite coquille est de forme trapézoïde
allongée et très-inéquilatérale ; le côté antérieur est très-
court, et le côté postérieur beaucoup plus long, s’amin-
cit un peu vers l'extrémité. Des stries fines, concentriques,
inégalement distantes, dessinent assez régulièrement les
périodes d’accroissement sur la convexité des valves; elles
se contournent sur un angle décurrent très émoussé, arrondi
même, qui part des sommets et va rejoindre l'angle posté-
rieur du bord inférieur ; cet angle décurrent s’imprime au
dedans des valves. Ce qui rend surtout le Cypricardia Noemi
remarquable, c’est la structure granuleuse de cette coquille
résultant de deux séries de sillons onduleux qui partent
des sommets, et qui, suivant des courbes opposées, se
coupent et forment un réseau du plus gracieux aspect. Cette
coquille est d’un blanc pur et demi-transparente ; l'intérieur
des valves est très-brillant et faiblement azuré. Les em-
preintes musculaires et palléales sont bien marquées. Les
sommets sont aigus et un peu obliques. La charnière est
très épaisse.
Ce petit Cypricardia a été trouvé par la plus jeune de nos
filles et nous le lui dédions d'autant plus volontiers qu’elle
s’est associée avec persévérance à nos recherches.
XVI. — Mopioca (Lithodomus) EXCAVATA.
PI. IV, fig. 3 —5.
Tesla ovato-elongata, interdum inflata, valde inæquilaterali, tenui,
regulariler et concentrice slriata, flava, superne paulo carinala, pos-
tice contracta, truncata, appendiculala ; appendice ab umbonce decur-
rente, albescente, intus excavalo; lalere anlico brevissimo oblusa ;
umbonibus minimis, opposilis, paulo obliquis.
Long. 0,025. Lal. 0,026. Diam. 0®,005.
Remarquable par la dépression de sa partie antérieure qui
LIEN LE
semble se séparer du reste de la coquille suivant un faible
angle décurrent pärtant des sommets et descendant à angle
presque droit sur lebord inférieur,cetteespèce,de forme ovale,
est généralement allongée. Cependant nous avons recueilli
quelques échantillons courts et renflés. Elle est des plus iné-
quilatérales, légèrement carénée en dessus, sur un espace
qui fait saïllie. Elle devient ensuite presque conoïde. Elle est
de couleur jaune fauve, régulièrement et concentriquement
striée. Un appendice blanchâtre, descendant du sommet en
suivant une courbe dont les bords sont indiqués par de petites
dépressions, divise chaque valve en trois parties, il couvre
toute la portion tronquée du bord postérieur et s'échappe du
dehors pour se terminer à quelque distance et se tronquer
aussi. La section qui le termine est décrite par une courbe
s’allongeant vers la partie supérieure de la coquille, où elle
forme quelquefois une petite pointe. Au dedans cet appendice
forme en premier lieu un rebord, dentelé ou granuleux, au
bord tronqué de chaque valve, puis une première excavation
arquée en gouttière qui en précède une seconde creusée en
quart de sphère. Quandles deux valves sont réunies l’appen-
dice présente ainsi un hémisphère cave bien défini. A l’inté-
rieur les valves sont légèrement nacrées, faiblement plissées
longitudinalement, les rebords sont simples, quelque peu
arrondis.
Nous avions d’abord voulu considérer ce modiole comme
une variété du M. Caudigera, mais un examen attentif de
plusieurs spécimens nous a permis d'établir les poiats sui-
vants qui doivent les écarter l’un de l’autre. Chez notre
espèce, atténuation subanguleuse de la partie antérieure que
nous ne trouvons pas sur le Caudigera. Sur celui-ci point
de division des valves par l’appendice, point de sillons qui le
bordent. Au lieu d’être tronqué et excavé comme cela se re-
marque sur l'espèce nouvelle, cet appendice est terminé par
une pointe arrondie quise porte toute vers la partie mférieure
de la valve et qui se renfle au dedans au lieu de se creuser.
Ces deux pointes se croisent en dehors sur le Caudigera, les
deux portions tronquées de l’excavata s'appliquent lune
contre l’autre.
XVII. — MALLEUS OBVOLUTUS.
PI. IV, fig. 6 — 8.
Testla oblonga, irregulari, inœquilaterali, breviter el crassè auri-
culala, superne oblique truncata, basi irregulariter producla, mar-
gine crasso oblique biparlila, cinerea, sublüs fulva ; umbonibus
obliquis, compressis, parvulis, peraculis ; facie interna submargart-
lacea, supernè nigra, inferne nilide-fulva ; cicatricula musculari
magna, valde impressa.
Alli. 0,95. Lat. 0®,008. Diam. 0®,0055.
Cette petite espèee de marteau qui ne s’est rencontrée que
très rarement dans les nombreuses méléagrines soumises à
nos recherches, car nous n’en avons trouvé que trois spéci-
mens, est de forme oblongue, beaucoup moins déprimée
que ne le sont ordinairement ses congénères. Elle présente
au dehors un renflement subcylindrique et à l’intérieur une
capacité inusitée. La coquille se dilate dans le sens de la lar-
geur, l'accroissement ayant lieu vers la partie inférieure. La
partie supérieure est tronquée transversalement en ligne
droite, et obliquement par rapport à l'axe longitudinal ; cette
ligne droite forme le bord cardinal. La coquille est feuilletée
très irrégulièrement, ses contours cependant sont d’abord
assez réguliers ; mais les dernières feuilles qui se sont super-
posées deviennent sinueuses, plus tourmentées que les pre-
mières, et les bords se contournent en se rapprochant pour
se rejoindre presqu'à l'extrémité inférieure, point où la co-
quille se trouve très rétrécie. La couleur, au dehors, est blan-
châtreprès des sommets; cette teinte passe à un gris nuancé qui
se transforme en jaune pâle sur les feuilles étendues. A l'inté-
rieur on peut décomposer la coquille en deux parties ; l’une
supérieure, de forme subquadrangulaire, limitée en haut par
le bord cardinal qui forme avec les bords antérieurs et posté-
hi 2
rieurs des angles bien nets; ces bords s’épaississent peu à peu,
rentrent au dedans des feuilles externes, se contournent sous
deux autres angles arrondis, et se continuent en un rebord
saillant presque parallèle au bord cardinal. Au delà de ce re-
bord les feuilles, en se développant et en se renflant, produi-
sent une sorte de double valve ou d’enveloppe qui semble
recouvrir et renfermer la partie circonserite dont nous venons
de parler. Cette seconde portion de la coquille s’allonge sur
une étendue qui est un peu plus grande que la première.
Celle-ci est colorée en brun noir légèrement nacré, tandis
que celle qui la suit est de couleur fauve clair avec un grand
brillant ; un bourelet épais et saillant qui prend naissance sur
le rebord, séparant de haut en bas le malleus en deux parties,
divise la seconde suivant une direction à peu près perpendicu-
laireet va rejoindre,en se recourbant, l’extrémité de la coquille.
Les sommets sont médiocres, déprimés, très aigus et obliques.
Une oreillette très courte mais fort épaisse termine la partie
antérieure du bord cardinal. Elle est à peine sensible sur la
valve gauche, mais le sinus qui donne passage au byssus se
trouvant presqu’entièrement creusé sur celle de droite, cette
oreillette semble y être plus développée. L’empreinte muscu-
laire est très grande; elle se rapproche davantage du côté pos-
térieur que de l'antérieur. La fossette du ligament piriforme
est aiguë oblique, grande ; à l'intérieur son bord extrêmement
épais prend une forme semi-lunaire qui occupe environ un
tiers de la longueur du bord cardinal.
XVIIL. — CREPIDULA DESHAYESI.
PL. IV, fig. 9 — 10.
Testa ovalo-elliplica, valde elongata, epidermide levissima, fulva
induta, strigis lamellosis incrementi el costulis radiantibus undulatim
clathratula ; apice prominente subaculo ; lalere dexlro sinistroque
incrassalis, intus exlusque refleæis ; facie internd laclea nilidissima ;
valde convexa, lineis incrementi validis, limbo paulo incrassalo.
Alli. 0,019, Lat. 0®,008, Diam. 004.
Cette coquille, par sa taille et par la singularité de sa forme,
où
est la plus remarquable des méléagrinicoles inédites trou-
vées jusqu’à ce jour. Voilà pourquoi nous la dédions à un sa-
vant qui s’est intéressé à nos recherches et qui a bien voulu
nous aider de ses conseils et de son expérience pour les me-
ner à bonne fin. |
L'espèce dont il s’agit se distingue facilement de ses con-
génères par sa forme très allongée, quelque peu quadrilatérale,
légèrement recourbée suivant son axe longitudinal ; elle est
revêtue d’un très léger épiderme jaune pâle. On reconnaît
sans peine sous celui-ci les diverses couches d’accroissement
qui sont indiquées par des stries lamelleuses, concentriques,
assez irrégulières, et inégalement distantes. De petites côtes
onduleuses, mais bien arrondies rayonnent du sommet, elles
sont séparées par d'étroits sillons qui suivent les sinuosités
des ondulations, le tout ornant très élégamment la surface
de la coquille. Ces costules chevauchent sur les stries con-
centriques sans être intervompues par les parties lamelleu-
ses. Les côtés droit et gauche de la coquille sont très épais-
sis ; ils se relèvent au dedans et au dehors, ce qui lui donne
une forme concave aussi bien sur l’une de ses faces que sur
l’autre. Cependant vers le sommet c’est la forme convexe qui
subsiste seule désormais. Au dedans un canal concave assez
large borde la cloison qui recouvre la cavité, cette cloison est
bombée, très saillante, et sa convexité dépasse de beaucoup
les bords de la coquille, ce qui en augmente l'épaisseur ; elle
se détache de chaque côté, à environ un tiers de la longueur
totale à partir du sommet, en formant deux sinus dont le gau-
che est le plus profond. Le bord de la lame est un peu épaissi,
et les lignes d’accroissement très marquées à sa surface, les
intervalles qui séparent celles-ci sont presque transparents.
L'intérieur de la coquille est d’un blanc laiteux des plus bril-
lants.
C’est ici que doivent prendre place quelques espèces méléa-
grinicoles appartenant au genre cœcum. Nous ne les ferons
figurer que pour mémoire etne donnerons que leurs diagnoses
latines ; réservant les descriptions détaillées et comparatives,
ainsi que les figures, pour une monographie de la famille des
Cœcidæ que nous préparons. Cependant le nombre extrême-
ment considérable de ces coquilles recueillies par nous dans
les méléagrinicoles (plus de trois mille}, nous a fourni l’occa-
sion de faire de nombreuses remarques, et nous a permis de
constater la persistance de quelques faits importants, utiles
peut-être à faire connaître. Et comme les résultats de ces
observations appartiennent eux aussi aux études faites sur la
méléagrine ; nous avons pensé qu’ils pouvaient bien être in-
sérés dans le présent travail, comme ils le seront dans celui
plus complet dont nous nous occupons.
Rien n’est plus merveilleux que les petites demeures de ces
intéressants mollusques appartenant à un groupe trop long-
temps négligé. Leurs formes si nettement arrêtées, leur struc-
ture si parfaite, leur ornementation si régulière, si finie, si
soignée, quelquefois si multiple, sur un aussi petit objet,
(nous avons compté plus de cinquante anneaux ciselés sur
certaines espèces), donnent à ces coquilles un aspect telle-
ment gracieux qu’on éprouve une admiration extrême à les
considérer. Le brillant cristal ou la coloration vitreuse que
quelques unes adoptent, la variété de leurs caractères, ne
sont pas moins des sujets dignes de la contemplation la plus
attentive. Et malgré le nombre énorme de spécimens qui nous
sont apparus, Ce est Jamais sans émotion et sans joie que
nous apercevons un cœcum dans la retraite qu’il avait choisie,
caché derrière quelqu’accident, ou bien dans les sables que
renferment quelques excayations ou quelque perforant de
la méléagrine. Ce n’est jamais non plus, sans un véritable
attrait que nous nous complaisons à soumettre le nouveau
venu à une investigation de tous ses détails.
Ce n’est point cependant parce que cette famille abonde en
sujets d'aspect agréable qu'il faut lui attribuer une impor-
tance de premier ordre. Une raison ayant plus de valeur que
celle qui résulte du plus ou moins de beauté des coquilles,
permet de la réputer une des plus remarquables parmi toutes
celles des mollusques. Cette raison est la conséquence d'un
DT
fait fort singulier qui devient très sensible (on peut même dire
frappant) lorsqu'après quelque temps de recherches on est
parvenu à récolter bon nombre d'échantillons, et qui suffit à
lui seul pour faire rejaillir un puissant intérêt sur les cœcidæ.
Nous allons l’exposer; justifiera-til la faveur avec laquelle
nous prétendons qu’on doit regarder ceux-ci et leur assigner
un des premiers rangs parmi les animaux de leur classe ?
Nous l’espérons.
L'existence des petits Gastéropodes dont il est question
n’est point uniforme comme celle des autres mollusques.
Elle se divise en plusieurs phases faciles à préciser, et parmi
elles trois périodes parfaitement distinctes et complètement
indépendantes les unes des autres peuvent être remarquées.
La première de ces périodes est celle que l'on peut appeler
période du jeune âge, elle est représentée par une petite co-
quille spirale dont les tours se superposent avec une tendance
à la séparation, et c’est en eflet ce qui arrive bientôt. La
courbure spirale se détend et la coquille poursuit son accrois-
sement sous la forme d’un tube légèrement arqué qui fait suite
au noyau spiral. Pour quelques espèces on commence déjà
à apercevoir sur ce tube quelques indices de l’ornementation
qui doit les caractériser plus tard. Suivant M. Carpenter, le
premier âge ne prend pas de consistance, demeure mou et
par cette raison disparaît presque toujours. Nous ne pouvons
partager cette manière de voir, ayant rencontré plusieurs
exemplaires de cæcidæ au premier âge qui se sont toujours
trouvés à l’état de test réel et parfaitement solides. Nous
croyons que si l’on ne trouve pas plus fréquemment de ces
coquilles, cela tient à ce qu’elles sont infiniment petites et
qu'elles échappent aux recherches.
Sur la fin de cette première période la coquille du second
âge se prépare. Au noyau spiral s'est déjà soudée une partie
tubulaire qui s’allonge et se recourbe en suivant toujours
une certaine impulsion due à la spire initiale. Bientôt cette
portion est assez spacieuse pour loger en entier le petit mol-
lusque, une cicatrice se produit à quelque distance du noyau,
0
et celui-ci disparait brisé aux environs du plan de clôture qui
s’est formé pour fermer le tube. Cette cicatrice prend déjà la
forme caractéristique qu’elle conservera plus tard. Dès lors
l'accroissement tubulaire s'opère graduellement, régulière-
ment, et pendant un certain temps la coquille conserve ses
contours légèrement coniques. Telle se présente la seconde
période que l’on peut bien désigner, ce nous semble, par
cette dénomination, celle de l’adolescence.
A cet accroissement régulier succède subitement une aug-
mentation considérable dans la largeur du tube. La forme
conique devient plus prononcée sur une étendue variant sui-
vant les espèces ; et ceci a lieu jusqu’à ce que la dimension
normale du diamètre de la coquille adulte ait été atteint. Pour
quelques espèces, cet accroissement du diamètre est presque
immédiat, tandis que pour d’autres l'augmentation en largeur
n'a lieu qu'insensiblement. A la suite de cette sorte de gon-
flement, le tube ne fait plus que s’allonger en demeurant plus
ou moins cylindrique, et en conservant toujours un reste de
courbure dûe à l’mfluence de la spire primitive, mais qui di-
minue cependant à mesure que la formation s’en éloigne,
c’est-à-dire qu'il reste plus ou moins cylindrique. Quand la
portion existante peut suffire à contenir l'animal, l'évènement
que nous avans vu déjà se produire se renouvelle; une se-
conde cicatrice vient oblitérer le tube, et il y a encore aban-
don. C’est la portion appartenant à la seconde période qui est
rompue aux alentours de la cicatrice; celle-ci devient en
même temps le sommet de la coquille, après quoi l'animal
termine cette troisième période, qui constitue celle de l'âge
adulte.
Nous pouvons clairement indiquer, et faire bien saisir les
différentes phases dont il vient d’être question en nous ser-
vant d'une fiction, nous supposerons la coquille complétée
par ses trois âges, sans avoir éprouvé de ruptures. Nous
trouverons fig. 14, pl. IV en À B la première période, le
premier âge ; en À B C la deuxième phase, phase de transi-
tion pendant laquelle se forme la première cicatrice, aux en-
— 33 —
virons de B. De B en D nous avons la deuxième période, celle
de l'adolescence; c’est en même temps la troisième phase. De
B en F. quatrième phase: la cicatrice définitive se forme en
D M. De Den G cinquième phase après la seconde rupture,
une partie seulement de la coquille adulte existe. Enfin D EF
G HI M troisième période, celle de l'âge adulte, et en même
temps sixième phase.
Ce qui est beaucoup moins facile à apercevoir, et consé-
quemment à faire voir, c’est la façon dont s'opère la rup-
ture quand le mollusque sent le moment arrivé de se débar-
rasser de la partie qui lui est devenue inutile. Comment s’o-
père la décollation des portions délaissées ? C’est là certaine-
ment une question curieuse à résoudre et que rien ne vient
éclairer jusqu’à présent. L’angle de troncature est toujours
net, lisse, arrondi, ne laissant paraître aucune trace de bris,
aucun éclat. Et dans le voisinage jamais aucune altération, au-
cun vestige, nulle marque de l'évènement. Y a-t-il eu frotte-
ment après la cassure afin d'obtenir, par l'usure, une certaine
perfection, une sorte de fini, dans un travail d'exécution en
queique façon anormal, et dû peut-être à quelques chocs vio-
lents mais nécessaires ? on serait tenté de le croire. Cependant
comment ce frottement, cette usure peuvent-ils avoir eu lieu
sans que la cicatrice, qui est toujours proéminente, et dont le
sommet se trouve fréquemment sur un des bords du plan de
troncature, n'ait pas eu à en souffrir ? D'un autre côté certaines
espèces, au lieu de rompre sur le plan même d’oblitération,
conservent une portion de la coquille adolescente pour en-
fermer la cicatrice, et la protéger sans doute. Comment, dans
ce cas, la décollation s'opère t-elle au point voulu et précis
qui doit assurer à cette protection l'efficacité attendue? . . .
Pourquoi, ainsi que cela se présente, du reste, sur les autres
ruptures, celles-ci, dans un cas bien plus difficile, se trouvent-
elles parfaitement opérées dans un seul et même plan? On
peut encore comprendre que lorsque l'opération s'exécute
sur la cicatrice ou plutôt autour d'elle, elle ait servi à diriger
le travail qui a déterminé le décollement ; mais dans les cas
dont il s'agit, quand c’est sur le tube de la seconde période
SN à REA
qu'il y a section, comment se fait-il que l’action se trouve ac-
complie d’une façon aussi remarquable? Comment les bords
rompus demeurent-ils dans un plan unique? sont-ils nets,
sans parties entamées, sans saillies, sans esquilles, sans alté-
rations de l'angle sur lequel a eu lieu le bris ? Quel a donc été
le mode employé pour obtenir cette solution ?
Nous avons dit que chacune des parties tronquées se trou-
vaient oblitérées avant la section par un travail que nous
avons indiqué sous le nom de cicatrice, parce qu’en effet il
vient reformer un point qui devra subir une importante alté-
ration. C'estsous la dénomination de septum qu’on est convenu
de désigner ce travail d’oblitération; et désormais nous ne
nous servirons plus que de ce mot. L'examen de quelques spé-
cimens arrivés aux derniers moments des phases detransition,
etque nous avons brisés pour les soumettre à une investigation
scrupuleusé, nous a permis de reconnaître que la formation
du septum n’a lieu que fort tard, c’est-à-dire lorsque l'animal
a atteint le point où il doit quitter cet état intermédiaire. C’est
par les couches qui doivent être extérieures que cette forma-
tion commence. Au dedans, la troncature se trouve clôturée
par une paroi d’abord concave, qui, en s’éloignant ces bords,
prend la forme plus ou moins arrondie ou acuminée repré-
sentant au dehors le sommet du septum, et qui à l'intérieur
demeure en creux. Cette cavité du septum est évidemment des-
tinée à contenir l'extrémité du muscle rétracteur et à le fixer.
Nous avons pu constater en même temps qu'au dedans
les tubes ne participaient en rien de l’ornementation exté-
rieure. Leur surface y demeure extrêmement lisse et brillante.
On peut donc en conelure que l’animal se meut dans ces tu-
bes, entre leurs parois cylindriques, et parfaitement polies,
sans aucun point d'appui, à l’aide seulement de la simple
attache qu’il possède au fond du septum.
À considérer seulement les espèces de cœcum méléagri-
nicoles, nous remarquerons que les animaux qui les compo-
sent ne semblent pas destinés à mener une vie complètement
ere ve
indépendante au fond des mers où ils naissent. S’il faut en
juger par ce que nous avons vu, ils paraissent enclins à re-
chercher les âbris que peuvent présenter les accidents du test
des grandes espèces de coquilles ; points où ils doivent néces-
sairement rencontrer des retraites paisibles et tranquilles.
C’est ainsi que nous les avons trouvées entre les lames écail-
leuses de la méléagrine, au sein de ses perforations, dans les
galeries pratiquées dans son test par les annélides, à l’inté-
rieur et dans les replis des vermets, dans les anfractuosités
des Spondyles qui y adhéraient, etc. Malgré la protection
qu'ils doivent trouver ainsi enfermés entre d’épaisses mu-
railles, ou blottis derrière de puissants contreforts, ils sont
néanmoins constitués de façon à pouvoir résister aux pertur-
bations les plus violentes, et semblent avoir été pourvus
d’une force de structure capable de parer à tout accident.
Les plus délicats sont eux-mêmes doués d’une dureté de test
peu commune, et c’est à peine si parmi tout ce que nous
avons rencontré d'individus de cette famille, il s’est trouvé
quelques débris de coquilles fracturées.
Les caractères spécifiques des cæcidæ ne sont bien appré-
ciables que sur les échantillons parfaitement adultes. Bien
plus que pour toute autre famille de mollusques, on doit
pour celle-ci tenir compte de cette remarque et prendre
grand soin d'observer que le second âge ne présente pas
toujours d’une façon identique les caractères dont est pour-
vue la coquille adulte. Il faut noter que les anneaux et les
côtes peuvent bien ne pas s’y trouver aussi prononcés, soit
qu'il y ait quelque différence dans leurs formes, soit qu'ils ne
soient pas encore apparents, ce qui arrive parfois. L'examen
d’un échantillon à sa deuxième période peut fort bien ne rien
laisser présumer de ce qu’il doit être à la troisième, etle com-
mencement de la coquille parvenue à cette époque peut lui-
même ne pas ressembler à l'extrémité qui doit la terminer.
On ne peut donc être surpris si quelques auteurs se sont
trouvés entraînés à créer un genre à part pour des coquilles
du second âge.
RS
Nous croyons, au contraire, qu’en ayant sous les yeux un
spécimen parfaitement adulte, (toujours reconnaissable à l’ou-
verture bien terminée) on saisira sans difficultés les différen-
ces qui résultent de la forme et de l'ornementation ; qu’en
outre celle-ci peut constituer de notables caractères propres
à établir la séparation, lorsque les mêmes faits se reprodui-
sent régulièrement et se répètent exactement de la même ma-
nière. Or, ces nuances, lorsqu'elles sont constantes et préci-
ses, n’acquièrent-elles pas assez de valeur pour permettre
d'établir des différences d'espèces? L'examen d’un très grand
nombre de spécimens, l'étude d’une grande partie d’entr’eux,
nous porte à résoudre affirmativement cette question, et nous
pensons, malgré l'opinion de M. Carpenter, que l’ornementa-
tion peut être considérée comme un des principaux caractè-
res spécifiques du genre cœcum en particulier.
Les caractères qui servent à classer les cæcidæ sont: 1° la
forme, à laquelle se rattache l'apparence opaque, cornée, vi-
trée ou cristalline, ainsi que la couleur, et le plus ou moins
de solidité ou d'épaisseur du test ; 2° l’ornementation qui
ainsi que nous venons de le dire, mérite qu’on lui donne une
importance considérable. Nous devons cependant faire re-
marquer que, pour celle qui se caractérise par des anneaux
transverses, quelques cas se présentent fournissant des for-
mes variables sur le même spécimen, et qu'il peut en résul-
ter des causes d'incertitude sur la catégorie dans laquelle
ces anneaux doivent être rangés. Ce ne peut être alors que
.par l’examen d’un grand nombre d'échantillons que l’on
peut décider, d'après la forme dominante, quelle doit être
celle qui caractérisera l'espèce ; 3° le septum. M. Carpenter
en reconnait trois formes principales qui sont : ongulée
quand la surface saillante de la cicatrice s'élève toute entière
en suivant un plan qui vient aboutir au sommet, lequel est
plus ou moins large et doit figurer un ongle ou un sabot de
cheval; mucronée quand elle se termine en pointe, elle devient
parfois conique dans ce second cas; enfin mamelonnée
lorsqu'elle s’arrondit, prend une forme rebondie, souvent
sans sommet apparent. Nous ajouterions volontiers, en nous
appuyant sur des espèces nouvellement trouvées, les formes
que voici: subcylindrique quand le septum s'échappe du
plan de troncature et se développe en présentant un petit
cylindre terminé par une surface plus ou moins plane, con-
cave, ou convexe ; globuleux quand il se présente avec ur
étranglement auquel succède une partie presque sphérique ;
enfin crochu quand du plan de la section sort à peu près
brusquement une pointe qui se recourbe vers la partie dor-
sale. Nous donnons pl. IV, fig. 12 — 25, diverses formes de
septum. Le bord latéral du septuim est la ligne qui en dessine
le profil quand la coquille repose sur le côté, c’est-à-dire
lorsque la convexité se trouvant par exemple à droite la con:
cavité est à gauche. Le bord supérieur ou dorsal est la ligne
que l’on aperçoit faisant suite au bord latéral du côté con-
vexe. Nous croyons qu'il est utile d’ajouter à ces deux lignes
le bord inférieur qui se trouve du côté concave, et qui existe
sur quelques espèces. Le septum, ainsi que nous l’avons dé-
jà fait sentir, conserve le même caractère sur les coquilles de
la seconde et de la troisième période ; il peut seulement se
trouver plus développé sur l’une que sur l’autre; 4° entin
l'ouverture et la partie qui l’avoisine doivent aussi être regar-
dées comme présentant des caractères spécifiques impor-
tants.
La division du genre Cœcum, en trois groupes, telle qu’elle
a été établie par M. Carpenter, ne paraît pas en harmonie
parfaite avec les formes qui y sont comprises. Les dénomina-
tions adoptées par cet auteur et basées sur un certain nom-
bre de types pouvaient être justes dans l’origine ; mais il nous
semble qu’elles ne répondent plus aujourd’hui aux besoins de
la science ; en conséquence nous proposerons une nouvelle
division du genre comprenant quatre sections.
1° Coquilles lisses. Lœvia.
2° Coquilles annelées. Annulata.
3° Coquilles cotelées. Costellata.
â° Coquilles quadrillées. Quadrula.
En ne
Les espèces dont la surface extérieure est dépourvue de
tout ornement étant évidemment les plus simples dans leur
structure, nous les plaçons au premier rang. Le second com-
prendra celles qui sont ornées d’anneaux transverses, et celte
section sera elle-même susceptible d’être partagée en trois
subdivisions.
1° Coquilles à anneaux aigus.
2° Coquilles à anneaux arrondis.
3° Coquilles à anneaux carrés ou aplatis sur leur partie
culminante.
Ces subdivisions pourraient être plus nombreuses si l'on
tenait compte des différences qui existent dans les intervalles
ou sillons qui séparent les anneaux, ces parties étant elles-
mêmes variables dans leurs formes et dans leurs dimensions;
mais les premières nous paraissent suffisantes.
La troisième division renferme les espèces qui sont pour-
vues de côtes, cordons ou arètes plus ou moins saillants,
plus ou moins distancés, s'étendant longitudinalement du
sommet à la base.
La quatrième enfin est assignée aux coquilles dont l'orne-
mentation est double, c’est-à-dire à celles qui ont à la fois des
anneaux transverses et des côtes longitudinales.
Les divisions et subdivisions que nous venons d'indiquer
nous paraissent indispensables pour rendre plus facile la dé-
termination des espèces. Nous avons éprouvé tant de diffi-
culté à débrouiller ce genre difficile et à assigner un rang
aux sujets d'espèces connues que nous possédons, (malgré
l'excellente monographie de M. Carpenter), que nous avons
été amené naturellement à chercher un moyen de rendre la
tâche moins pénible. Nous avons essayé d’une classification
nouvelle basée sur des caractères moins sensibles et plus pré-
cis. Il est vrai que notre distribution des espèces ne fera pas
30
entièrement disparaître les doutes qui peuvent s'élever, et
que nous avons éprouvé nous même, sur certains points qui
se rattachent à la détermination rigoureuse des sujets ; nous
sommes cependant convaincu qu’elle contribuera tout au
moins à les éclairer. Il ne sera jamais très facile, en effet, de
reconnaître toujours avec certitude, sur des coquilles d'une
taille aussi minime, des nuances que le type aura pu présen-
ter, mais qui, moins prononcées sur d’autres spécimens, per-
mettent de les confondre avec des espèces voisines.
Nousterminerons ces observations par une dernière remar-
que. C’est que parmi cette grande quantité de cœcum trou-
vés dans la méléagrine, il ne s’est rencontré aucun individu
des autres genres qui composent la famille des Cœcidæ:
Brochina, Meioceras, etc. Quelle conclusion peut-on tirer de
ce fait? Peut-être que ces derniers genres, dont les espèces
sont en plus petit nombre, recherchent moins les abris, et
vivent plus indépendants.
Première section.
LES LISSES. — LEVIA.
XIX. — Coœcum LEVE. — var. CYLINDRICA.
Testa cϾ. levi simili, sed magis cylindrica, et multo
minore inflata ; ad apicem paulo contracta, aperturam
versus minus tumida.
Cette variété peut fournir les deux sous-variétés suivantes :
Semi fusca.
Testa ad apicem fusco tincta.
et fusca.
Testa fusco-tincta.
a) 11 EE
XX. — COŒCcuM PARVULUM.
Testa minima, cylindrica, arcuata, tenui, fusca, levt,
apertura huud tumente, nec declivi, nec contracta ; septo
obtuso mamillato, margine laterali primum concavo, dein
convexo, cum dorsali cui similis est, juncto ; operculo ?…
Long. 0m,0015. Diam. Om,0003.
XXI. — COœŒcumM MINUTUN.
Testa minima, arcuata, cylindrica, tenui, fulvescente,
leui, apertura recta, nec tumente, nec contracta ; septo
ungulato, apice dextrorso, margine laterali conveæo ;
| operculo 2...
Long. 0®,0014. Diam. Om,0003.
XXII. — CoœcuM IMPERFECTUM.
Testa haud parva, solida, subconica, levi, grisea aut
albida, aperturam versus parum tumente ; apertura de-
clivi, valde contracta ; septo obtuso, mamillato, submu- &
cronalo, apice subdeætrorsd, marginibus paululum dec
et conjuncts ; operculo ?..….
Long. 0m,0018. Diam. 0®,0003 — 0m,0004.
XXIIT. — Cœcum vALIDUM.
Testa solida conica, arcuata, albida, vel grisea, levi ;
septo subungulato, mucronato, valde prominente ; apice
dextrorso, subacuto, ad dorsum reversiuseulo ; margine
laterali unduloso, dorsali concavo ; operculo ?..….
Ad apicem versus, Om,0006.
Long. Diam. Mediam partem versus, 0®,0008.
A
XXIV. — CœŒcuM COMPLANATUM.
Testa cylindrica, paulo arcuata, subopaca, albida seu
griseola, levi ; apertura haud declivi, nec contracta ; septo
subcylindrico, subplanato, apice dextrorso ; margine late-
rali subconvexo, dorsali paulo concavo ; operculo ?..….
Long. 0m,0016. Diam. 0m,0004
Deuxième section.
LES ANNELÉS. — ANNULATA.
Première subdivision. — ANNEAUX AIGUS.
XXV. — CœcumM uNDATUM. — var. CORNFA.
Testa c. undato simih, sed cornea, magis subdiaphana ;
annuhs minus prominentibus, interstitüs fere planatis.
XXVI. — CoŒcum 1MPARTITUN.
Testa mediocri, satis arcuata, solida, grisea, annulis
XX — xxx validis, acutis, aperturam versus distantiori-
bus, ullimo tumente, sulcato, cingulata ; interstitiis latis,
concavts ; apertura marginila, septo mucronalo, apice ob-
tuso, dextrorso; operculo 2...
Long. 0®,0008. Diam. 0m,0003 — 0m,0008.
XXVII. — CoEcum iMPARTITUM. — var. BicoLzor
Festa c. impartito simili, superne castanea.
Deuxième subdivision, — ANNEAUX RONDS.
XXVIIF. — CoEcum SEMICINCTUM.
Testa elongata, cylindrica, paulo arcuata, subcorneu,
fulgente, annulis rotundatis parum prominentibus cincta,
(interstitis minimis.) deinde levi ; aperturam versus an-
nulis rotundatis ornata ; apertura haud declivi, simplhoi-
ter marginata ; septo mamillato, obtusissimo, subspirali,
annulum rotundatum super septi planum fingente ; mar-
gine laterali arcuato, conveæo ; operculo ?..…..
Long. 0®,0002. Diam. 0®,0005.
XXIX. — CocuM SEMICINCTUM. — AT. SUBACUTA.
Testa oc. semaicincto simihi, sed annulis subacutis,
vel acutis.
XXX. — Coœcum AGONIATUM.
Testa lata, solida, arcuata, alba nitida, annulis valde
rotundatis, paulo prominentibus cincta ; interstitiis con-
cauis, annulos œquantibus ; apertura vix tumente, viæ
contracta, parum declivi, septo magno, valde mamillato
et prominente ; margine laterali valde convexo ; oper-
culo ?...,
Long. Om,0022. Diam. 0m,0007.
XXXI. — CœcumM ERUCATUM.
Testa elongata, arcuata, subconica, fulva, nitida, aper.
turam versus paulo tumescente et albescente ; annulis
validis prominentibus, subacutis, superne rotundatis cinc-
ta ; interstitiis latis, concavis valde arcuatis ; apertura
Be RS
contracta, paululo declivi ; septo mucronato, interdum
primum fere mamillato, mucrone parvo subacuto, vel acu-
to, margine laterali brevi, unduloso, interdum paulo con-
cavo ; operculo ?..….
Long. 0.,0023. Diam. Om,0003 — Om,0006.
XXXIL. — Coëcum TOENIATUM
Testa solida, arcuata, grisea, rubigineo longitudinalh-
ler tœniata ; annulis subrotundatis, latis et prominenti-
bus, aperturam versus magoribus ornata ; interstitiis latrs,
profundis, subplanatis ; apertura declhiviter contracta ;
septo mucronato, subungulato, sulcato ; apice obtuso dex-
troversum sito, margine laterali concavo, dorsaii parum
reverso ; operculo 2...
Long. 0,002. Diam, 0w,0004 — 0m,0005. °
XXXIIL. — CoEcum vENUSTU».
Testa cylindrica, elongata, leviter arcuata, tenui, vitrea
nitida, superne levi, inferne transversim et irrequlariter
plicata, aperturam versus paulo inflata, et annulis rotun-
datis ornata, deinde contracta ; apertura viæ declivi,
marginala ; seplo submamillato, cylindraceo, prominente,
apice ad dorsum curvo; margine laterali convexo ; oper-
culo 2...
Long. 0®,0018. Diam. Om,0004.
Troisième subdivision. — ANNEAUX PLANS,
XXXIV.-—- CŒCcUuM STRANGULATUM.
. Testa ( quoad genus ) magna, elongata, robusta, sub-
SR TE
cylindrica, arcuata ; annulis numerosis (XL — L), pla-
natis, creberrimis, primum latioribus, dein tenuissimis
ornata ; ante aperturam valde et profunde strangulata ;
interstitiis vix impressis ; apertura paululo declivi, haud
contracta, marginata ; septo mucronato, mucrone subdac-
tyliformi, dorsum versus paulo rever$o, interdum dextro-
verso ; margine laterali paulo conveæo ; operculo sub-
convexæo, apice prominente, sutura viæ definita.
Long. 0®,003. Diam. 0®,0007, aperluram versus O®,001.
XXXV. — CoEcumM STRANGULATUM. — ©ar ACUTA.
Testa c. strangulato simili, sed annulis latioribus, ma-
gis eæpressis, fere œquantibus ; septo elongato, valde
mucronato, subcylindraceo, vel conico, interdum in cavitate
incluso.
Long. 0m,0024. Diam, 0®,0003 — 0®,0006.
XXXVI. — Cocum occuLrux.
Testa adolescente, solida, grisea ; annulis latis, pla-
natis, creberrimis, cincta ; interstitiis angustissimis, in-
terdum profundis ; septo mucronalo, subcylindraceo, in
cavilate occullo ; operculo ?..….
Long 0%,0093 Diam. 0®,00035 — 0®,0008.
XXXVII. — Coœcum SUPERBUM.
Testa (quoad genus) maæima, solida, arcuata, grisea ;
annulis plurimis (L — Lv.) planatis, ad apicem latio-
ribus, cincia ; apertura haud tumente, parum dechivr, le-
viter contracta ; septo parvo, submamillato, mucronalo,
a CRD
mucrone dextrorsum sito; margine laterali primum con-
vexæo dein concavo ; operculo ?..…
Long. 0m,0004. Diam. Om,0008 — 0w,0001.
XXXVIII. — CŒCuM ELEGANS.
Testa robusta, cylindrica, albescente, vel grisea ;
annulis (XV — XXV.) latis, subquadratis, seu planatis,
ultimis subrotundatis, cincta ; insterstitiis minoribus, pla-
natis, interdum paulù profundis ; septo primum pauld
mamillato, dein mucronato, mucrone subdextrorso ; mar-
gine laterali subconvexo ; operculo ?..…,
Long. Om,0025. Dram. Ow,01)08.
XXXIX. — COocumM ELEGANS. — var. FLEXUOSA.
Testa c. eleganti simih sed longitudinaliter fascuis
albis, fleæuosis ornata.
XL. — CŒœŒcuMm ELEGANS. --- var. RUBELLA.
Testa c. eleganti simili, sed rubella.
Troisième section
LES COTELÉS. — COSTULATA.
XLI. — CŒCUM MIRABILE.
Testa cylindrica, parum arcuata, alba, crystallina,
nitidissima ; costellis rotundis, subacutis, prominentibus,
ornata ; Anterstitiis profundis concavis inter costellus ;
aperturam versus costellis intershihisque super angulum
ÉRNg | ue
obtusum evanescentibus ; extus margine simplici apertu-
ra marginala ; seplo subungulato, submamullato, subcy-
hndrico ; apice obtusissimo, dextroversum silo ; margine
laterali conveæo ; operculo ?..….
Lang. 0®,003. Diam. Om,001.
Quatrième section.
LES QUADRILLÉS. — QUADRULATA.
XLIE. — CoœCUM HEPTAGONUM. — CARPENTER.
Tesla septangulata ; arnulis rotundatis confertis, cinc-
ta, angulos longitudinales supracurrentibus ; apertura
planata, extus heptagonisforma, 1ntus circulari, sulco
concentrico ornata ; septo 2... operculo 2...
Un simple fragment avait permis à M. Carpenter d'établir
celte espèce, sans en compléter la description. Possédant
plusieurs individus entiers, nous pouvons combler les lacu-
nes et nous continuons la diagnose.....…….
....... Sepio primum subplanato, mucronato, mucrone
parvo, acuto, dextrorsum sito ; margine laterali paulo
convexo, parvo, dorsali paulo concavo ; operculo subpla-
nato, margine incrassalo, rotundato, interdum violaceo.
Long. 0w,0022. Diam. 0®,0004 — 0,0007.
Nous y ajouterons les variétés suivantes :
VLIIL. — Cœcum HREPTAGONUM. — VAT. HEXAGONA.
Testa c. heptagoni simihi, sexangulata.
XLIV. — CŒCUM HEPTAGONUM. — var. OCTOGONA.
Testa c. heptagoni simili, octangula.
Le
XLV. — CœCUM MIRIFICUM.
Testa (quoad genus) maxima, valde elongata, cylindri-
ca, crystallina, nitidissima, liris subacute - rotundatis,
Ͼquidistantibus, leviter expressis, longitudinaliter notata,
el annulis paucis, validis, acutis, super liras transeunti-
bus aperturam versus cingulata ; inter lras interstiliis
lalis, transversim minulssime strialis ; apertura paulu-
lum contracta, subdeclivi, marginata ; septo mamillato,
granuloso, prominente, apice obtuso, dextrorso, margine
laterali valde conveæo subcrircularti ; opereulo ?..….
Long. 0%,0081. Diam. 0%,0006 — Ow,0007.
XLVI. — CœcuM uNCINATUM.
Testa adolescente, elongata, conica, subdiaphana ; pri-
mum annulis maæime distantibus, parum prominentibus,
latis, rotundatis, cingulata ; dein annulis subplanatis,
ornala ; interstitiis inter annulos planatos haud elongatis,
satis profundis, apicem spectante, seu superne quadratis,
ad basim concavis ; strigis longitudinalibus super annu-
los et in interstititirs transeuntibus ; septo mucronato, dac-
tyliformi, dorsum versus uncinato ; operculo 2...
Long. 0®,0024. Diam. Om,0003 — 0m,0006.
XLVII. — Rissoa ZELTNERY.
PI. V, —, fig. 1.
Testa elongato-turrita, solida, candidissima, nitida, costu-
lis rotundatis, numerosis, tenuibus, vix expressis, longitudi-
naliter et oblique ornata ; anfractibus octonis, lente crescen-
libus, sutura simplice junctis ; ultimo 6/10 testæ œquantr,
te
basi regulariter reticulata, apertura obliqua, semi lunari,
margine incrassalto.
© Long. 0",0045. Diam. 0",0048.
Fort jolie espèce, que nous sommes heureux de dédier à
Monsieur le Consul de France à Panama, qui a bien voulu
s'intéresser à notre goût pour la conchyliologie et à nos re-
cherches sur les méléagrines. Nous lui devons assurément
quelques-unes de ces espèces et nous avons cru faire Justice
en consacrant son nom à l’une d'elles.
Le Rissoa Zelineri est très-blanc, moins épais il serait dia-
phane, c’est une coquille assez allongée, turriculée, assez
acuminée ; de nombreuses costules obliques longitudinales
ornent les tours de spire qui sont au nombre de huit; les
premiers croissent lentement, ils sont séparés par une suture
simple assez profonde. Le dernier tour, qui à lui seul égale
environ les six dixièmes de la coquille entière, présente cette
particularité fort remarquable que sa base est régulièrement
striée dans le sens de la spire. Ces stries se croisent avec les
costules et cette partie de la coquille se trouve ainsi très-
gracieusement réticulée. L'ouverture semi-lunaire est grande,
dilatée, le bord droit très-épaissi, la columelle se réfléchit
sur le dernier tour et en s’épaisissant se contourne pour
aller rejoindre le bord droit.
XLVIII. — RissoA INSIGNIS..
PI, V, fig. 2 —3.
Testa minutissima, turrita, curvispira, valde carinata, can-
dida, regulariter et spiraliter striata, costulisque angustis,
subacutis, obliquis longitudinaliter ornata ; sutura valde cre-
nulata , anfractibus V rapide crescentibus ; ultimo maximo
3/5 testæ œquante; apertura magna, obliqua, ovata, margine
dextro lato, extus crenulato.
Long. 0",0022. Diam. 0",0012.
PE
Fort remarquable petite espèce, toute blanche, très-fine
de structure, de l'aspect le plus gracieux. Elle est courte,
fortement carénée, Des stries arrondies très régulières, assez
espacées, ornent élégamment les parties qui sont comprises
entre des côtes longitudinales peu nombreuses descendant
obliquement sur les tours de spire. Ces côtes sont légèrement
aiguës et les stries semblent s’effacer sur les parties qui s’ai-
guisent. Le bord supérieur de chaque tour est festonné par
les côtes qui suivent la carène de chacun d’eux. Ces tours sont
au nombre de cinq, croissant d'abord très-lentement. La su-
ture qui les sépare est crénelée par les côtes. Le dernier,
beaucoup plus grand que les autres, est égal à environ 3/5 de
la coquille entière. L'ouverture est grande, presqu'ovale, lé-
gèrement oblique. Le bord droit est fort épaissi, crénelé au
dehors par le prolongement des stries, il se détache du der-
nier tour par une petite fissure bien arrondie, il est pourvu
au dedans d’une petite lèvre également arrondie; la columelle
se réfléchit faiblement presqu’au moment de rejoindrele bord
droit. Un point curieux particulier consiste en un rebord ou
bourrelet extérieur qui entoure l'ouverture et sur lequel les
côtes viennent presque s'évanouir, elles se rejoignent sur ce
rebord en formant des sortes d’arcades en saillie.
XLIX. — TuRBONILLA FESTIVA.
PlVNoe ad 6
Testa minuta, elongato-turrita, albida, subdiaphana, costu-
lis longitudinalibus paucis, distantibus, subacutis, ornata,
transversimque regulariter striata; anfractibus septenis, lente
crescentibus, ultimo magno, dimidiam partem testæ œæquante ;
sutura profunda ; apertura magna, obliqua, subpyriformi ;
margine dextro lato.
Long. 0%,0025. Diam. 0®,0006.
Charmante petite espèce presque diaphane, de forme assez
allongée, ornée de côtes peu nombreuses, très-distancées
Lee
et presqu'aiguës. Entre celles-ci des stries fines très-régu-
lières courent dans le sens de la spire, elles ne paraissent
pas surmonter les côtes. Le nombre des tours de spire est de
sept, les trois premiers appartiennent à l'accroissement dans
le sens du plan de la columelle définitive; quatre autres sont
dans un second plan perpendiculaire au premier. Le dernier
tour est à peu près égal à la moitié de la coquille entière, la
suture est simple, largement crénelée par les côtes. Celles-
ei prennent presqu'immédiatement une assez forte saillie qui
imprime aux tours de spire une légère apparence carénée.
L'ouverture est grande, presque pyriforme, son bord droit
est large, finement dentelé au dehors par l'extrémité des
stries. Il est à noter au sujet de cette espèce que sur les
deux derniers tours de spire, le nombre des côtes est de
beaucoup moindre que sur les deux qui suivent le premier
plan d’accroissement. Cette première partie paraît parfai-
tement lisse et cristaline.
L. — KFOossARuS MEDIOCRIS.
Pl fes:
Testa minuta, imperforata, subglobosa, subcarinata paulo
depressa ; pallide castaneo tincta ; anfractibus quaternis,
transversim sulcatis, sutura simplice junctis ; uitimo magno,
septem liris ornato, duabus ad basim ; sulcis obliquè crenula-
to-striatis ; apertura obliqua, stricta, intus submargaritacea,
margine dextro paulo incrassato, sinistro obliquo, columella
convex a.
Long. 0",0026. Lat. 0",0025. At. 0,002.
Cette petite coquille peu remarquable est globuleuse, pres-
que carénée, le dernier tour recouvrant largement les autres,
qui à eux tous ne forment qu’une très-faible partie du Fossa-
rus entier ; le premier surtout est presque complètement ef-
facé. Ces tours, au nombre de quatre, sont convexes. Ils
sont ornés transversalement par cinq cordons légèrement
PUR T TES
aplatis sur leur partie culminante. Beux cordons supplémen-
taires se font remarquer sur le dernier tour, à la base. D’as-
sez larges sillons séparent les cordons; des stries saillantes,
obliques et courbes se détachent de ceux-ci en festonnant
leurs bords; elles coupent les sillons en les crénelant; cette
disposition donne à la coquille une certaine apparence écail-
leuse ; il en résulte aussi que la lumière qui se reflète sur
quelques-unes des stries produit parfois des éclats dont le
Fossarus se ressent. Les tours de spire sont réunis par une
suture simple. La base de la coquille est imperforée. L’eu-
verture est oblique, étroite, subtriangulaire. Le bord droit
dont la courbure est assez prononcée, et qui est légèrement
épaissi, se trouve crénelé ou festonné par l'impression des
cordons extérieurs. Le bord gauche s'épanouit sur le der-
nier tour, il se sépare de la columelle, s’en écarte, s’épaissit,
remonte obliquement en se détachant, forme un petit sinus
arrondi à l'extrême gauche de l'ouverture, et se reporte en-
suite vers l’autre bord qu’il rejoint sur une partie assez lar-
gement réfléchie. À l’intérieur, l'ouverture est légèrement
nacrée; la couleur du fossarus mediocris est d’un brun pâle.
LI. — VITRINELZA, PONCELIANA.
PENSE AE
Testa minutissima, umbilicata, discoïdea, valde depressa ;
tenui, hyalina, pellucida ; utrinque subplanata ; spira brevis-
sima ; apice obtusissimo ; anfractibus quaternis, ultimo, maxi-
mo, sulcis tenuissimis transversim ornato, strigis curvis subs-
quamosis allernantibus ; interstitiis paulo rotundatis ; sutura
subimpressa; apertura trigono-subcirculari; margine simplici.
Long. 0,001. Lat. 0",0002.
Très-petite coquille discoide, fort déprimée, extrêmement
fine et légère de structure; vitrée, transparente, blanchâtre,
peu brillante, presque mate; le Vitrinella Ponceliana pré-
sente une assez large base sur laquelle s'ouvre un ombilic de
grande dimension à l’intérieur duquel on peut facilement
&
apercevoir les tours de spire. Cette base a une convexité des
plus minimes, et la partie supérieure de la coquille, elle-
même, est presque plane; il en résulte qu'entre ces deux
parties, fort rapprochées l’une de l’autre, il ne reste à la spire
qu'une épaisseur médiocre pour y dérouler ses quatre
tours. Ceux-ci croissent assez rapidement et sont assez bien
arrondis. Leur surface qui, à l’œil nu, paraît parfaitement
lisse, se trouve cependant ornée de très fins sillons qu’on
aperçoit à la loupe, ils suivent la spire et laissent entre eux
des espaces légèrement arrondis. Si on soumet la coquille à
un très fort grossissement, on reconnaît des stries courbes
disposées de façon à simuler des écailles qui traversent l’in-
tervalle des sillons. La suture est assez profonde; l'ouver-
ture est simple, non épaissie, non réfléchie, presque ronde,
elle s’élargit un peu en venant se reposer sur l’avant-dernier
tour, et par suite elle devient presque trigone.
C’est à l’érudit secrétaire de la Société Havraise que nous
avons dédié ce joli petit vétrènella.
LIL. — TurBo GuiLLAaRpr.
PIN ie N9E 10:
Testa minima, globosa, apice obtusä, regulariter et longi-
tudinaliter striata, pallida, spira brevi; anfractibus quinis,
ultimo maximo, basi depressiusculo, profunde umbilicato ;
apertura circulari, marginibus simplicibus — operculo corneo,
paulo concavo, sexspirali, suturis sat definitis.
At. 0®,005. Diam. 0",0m,004.
Coquille globuleuse à base légèrement déprimée, assez pro-
fondément ombiliquée, à sommet obtus. Cette espèce gra-
cieuse d'aspect est de couleur jaune très-pâle ; elle est régu-
lièrement ornée de stries longitudinales assez exprimées. La
spire est courte ; elle se compose de cinq tours dont les der-
niers sont assez arrondis. Le dernier tour est plus grand
que tous les autres; l’ouverture est assez grande, cir-
culaire, ses bords sont simples; le gauche recouvre une
petite partie de l'ombilic. L’opercule est corné, légèrement
concave, À son sommet, un noyau convexe proéminent se
relève. Le nombre des tours de la spire est de six qui sont
séparés par une suture assez nettement définie.
Nous avons dédié cette espèce au capitaine Guillard.
LIIL. — PLEUROTOMA CARP£ENTERT.
PI. V, fig. 12.
Tesia minuscula, imperforata, ovato-oblonga, fulva, longi-
tudinaliter costata ; (costellis paucis prominentibus) et liris
subtilibus decussata, anfractibus senès, rapide crescentibus, ul-
timo spira duplo longiore, in canalem latum, brevissimum
producto ; apice obluso, sutura profunda, plicata ; apertura
angusta, ovali, margine dextro valde incrassato, intus margi-
nato ; columella subrecta ; fissura brevi, circulari.
Long. 0®,0045. Diam. 0",0018.
Petite coquille assez gracieuse d'aspect, de couleur fauve,
peu allongée, fusiforme, peu acuminée, son sommet étant
légèrement obtus; ce pleurotome est composé de six tours
de spire qui croissent d’abord lentement puis qui deviennent
rapides. Des côtes saillantes peu nombreuses, largement es-
pacées, traversent les tours de spire dans le sens longitudi-
nal. Ces côtes qui naissent sur la suture, sont un instant dou-
blées par celles du tour précédent. Ces dernières franchissent
la suture sans aucune modification dans leur forme. De très
petits cordons saillants, ou plutôt des stries fortes et arron-
dies, viennent en suivant le sens de la spire, croiser les côtes
et les surmonter. Le dernier tour est très allongé, sa lon-
gueur est d'environ les deux tiers de celle de la coquille en-
tière, il est tronqué à la base par un canal des plus courts,
mais qui en revanche est fort large. La suture est des plus
simples, peu profonde, elle est, ainsi que nous l’avons dit,
interrompue par les côtes qui passent d’un tour sur l'autre.
L'ouverture est allongée, ovale, coupée par la troncature
qui est due au canal. La columelle est presque droite. Le
bord droit, très élargi, est bordé à l’intérieur par un petit
cordon franchement arrondi; en dehors, il se trouve garni
d’un bourrelet formé par la dernière côte. Ce bord se dé-
tache de l’avant-dernier tour par un sinus assez large, circu-
laire et garni aussi du même cordon qui forme lèvre.
Nous avons considéré la dédicace de cette espèce comme
un hommage dû à l’éminent conchyliologiste Anglais qui
a consacré tant de soins et de travail à la faune malacologi-
que des parages où les méléagrinicoles ont été pêchées.
LIV. — PLeuroTOmMA GODFROIDI.
PI. V, fig. 12.
Testa ovato-elongata, imperforata, longitudinaliter pauci
costata et liris spiralibus, tenuissimis, decussata ; saluratè
fusca ; anfractibus senis rapide crescentibus ; ultimo anfractu
518 testæ œquante in canalem brevissimum, latum, desinente ;
apice obtuso; sutura angusta ; apertura elongata, angusta,
margine dextro lato, valde incrassato ; columella subrecta ;
fissura obliqua, cireulari.
Long. 0,004. Diam. 0",0045.
Au premier abord cette coquille, d’une teinte brune extrème-
ment foncée, semble colorée en noir. Elle est un peu plus
allongée que la précédente; également fusiforme, son som-
met est également obtus. Elle se compose de six tours de
spire, dont le dernier, plus grand que tous les autres, égale
les 5/8 de la grandeur totale; ces tours croissent d'abord len-
tement, puis très rapidement. Des côtes longitudinales, lar-
ges à leur base, très amincies à leur partie culminante, or-
nent les tours de spire ; elles sont peu nombreuses, prennent
naissance sur la suture, et naturellement se trouvent fort at-
ténuées dans cette partie. Celle-ci est ét'oite, assez profonde.
Des cordons saillants qui suivent le sens de la spire croisent
ER Dee
et franchissent les côtes; ces cordons sont beaucoup plus
épais et plus en saillie que ceux qu'on remarque sur le
Pleu. Carpenteri. La teinte qui les colore est légèrement affai-
blie, par le frottement sans doute; en certains endroits ils
sont même devenus grisâtres. Le dernier tour de spire se
trouve tronqué à la base par un canal assez large, mais ex-
trêmement court. L'ouverture interrompue par ce canal est
très allongée, sa longueur est surtout sensible en raison de
son peu de largeur; les bords en sont à peu près parallèles.
La columelle, presque droite, est longue, sensiblement ar-
rondie. Le bord droit est fort épanoui, deux petits cordons
ou fortes stries le partagent en trois dans le sens longitudi-
nal ; il est simple en dedans; au dehors, la saillie de la der-
nière côte le limite. Il se détache de l’avant-dernier tour par
une échancrure plus longue que celle de l’espèce quai le pré-
cède, mais qui s’arrondit comme elle.
Nous avons dédié cette espèce au capitaine Godfroid, aux
bons soins duquel nous devons quelques-unes de ces es-
pèces.
LV.— PLEUROTOMA LEUCOLABRATUM.
PI. V. fig. 13.
Testa ovato-elongata, imperforata, costulis paucis longitu-
dinalibus et liris tenuissimis spiralibus decussata ; fusca, pal-
lidè fasciata ; anfractibus quinis, rapidè crescentibus, ullimo
2/3 testæ æquante, in canalem latum, brevissimum desinente ;
apice obtuso ; sutura impressa, costulis crenulata ; apertura
ovato-elongata , intus extusque marginala, alba; columella
subrecta ; fissura obliqua lata, circulari.
Long. 0",0038. Diam. 0,001.
Cette troisième espèce de Pleurotome est de forme ovale
allongée, à sommet obtus. Elle est composée de cinq tours
de spire qui croissent d’abord lentement, puis rapidement,
et qui sont teintés mi-partie en jaune pâle, mi-partie en
brun. Des côtes longitudinales, presqu’aiguës sur leurs par-
DR ARS
ties saillantes, ornent les tours de spire, si ce n’est les pre-
miers qui paraissent à peu près lisses. Ces côtes prennent
naissance et se terminent sur la suture, qui sé trouve ainsi
crénelée par leurs jonctions. La suture est légèrement appro-
fondie. De fortes stries ou petits cordons transverses, eroi-
sent et surmontent les côtes, ils sont d’une teinte moins fon-
cée que les parties sur lesquelles ils courent. Le dernier tour
de spire égale à peu près les deux tiers de la longueur totale
de la coquille; il est terminé comme chez les deux autres
espèces, par un canal des plus courts, et qui n’est apparent
qu’en raison de sa grande largeur et de la troncature qu'il
imprime à la base. L'ouverture ainsi interrompue paraît
moins allongée que celle du P. Godfroidi, parce qu’elle est
plus large qu’elle. La columelle, un peu moins arrondie, est
aussi moins allongée, la base de l'ouverture est plus considé-
dérable que sur l'espèce précédente. Le bord droit est fort
élargi et se trouve limité au dehors par la dernière côte. Il
est séparé de l’avant-dernier tour par une échancrure arron-
die, assez large et assez profonde ; au dedans, un petit rebord
blanchâtre borde l’épaisissement, ce rebord contourne lPé-
chancrure et vient s’épauouir sur le dernier tour, il remonte
ensuite sur le bord gauche. De couleur blanchâtre il paraît
faire suite à la zône d’un jaune pâle qui, sur la partie supé-
rieure du dernier tour, borde la suture.
LVI. — PLEUROTOMA PUSTULOSUM.
PL. V, fig. 14
Tesia imperforata, costis longitudinalibus crebris, lirisque
spiralibus validis decussata, pallide fulva, pustulis sanguineis
irregulariter notata; anfractibus novenis, primis levibus, lente
crescentibus, ultimo dimidiam partem testæ œquante, in cana-
lem brevem desinente ; apice subacuto; sutura costulis crenu-
lata ; apertura elongata, margine dextro acuto; intus valde
incrassato, calloso, dentato ; sinistro reflexo ; columella pau-
lulum arcuata ; fissura latissima, haud profunda obliqua.
Long. 0,005. Diam. 0,002.
T7 Due
Cette curieuse espèce de Plewrotome diffère beaucoup de
celles du même genre dont il vient d’être question. Elle est
plus allongée, plus fusiforme. Nous lui trouvons huit tours
de spire, dont les premiers paraissent lisses ; tous sont d’une
couleur jaune fauve; ils croissent lentement; le sommet
est presqu'obtus. Le dernier d’entre eux est égal à environ
la moitié de la longueur totale de la coquille. Des côtes lon-
gitudinales assez nombreuses, assez régulièrement espacées
et obliquant sur le côté gauche, sont croisées par des cor-
dons transverses qui suivent la spire. Cet assemblage de
côtes et de cordons produit aux intersections une série
de points culminants assez aigus. Ces points sont séparés
les uns des autres par des espaces creux que deux côtes
et deux cordons définissent ; le tout forme ainsi un ré-
seau granuleux qui garnit toute la surface de la coquille, si
ce n’est les premiers tours et la partie qui avoisine le canal
par lequel l'ouverture se termine; en cet endroit, les côtes
se sont évanouies, et les cordons s’y trouvant bien atténués,
la granulation disparaît. Quelques-uns des points saillants
dont il vient d’être question, apparaissent çà et là teintés en
rouge foncé ; mais cette coloration est fort irrégulière, les
points rouges sont disséminés sans ordre et comme jetés au
hasard. C’est ainsi qu'ils produisent l'effet de pustules sangui-
nolentes. L'ouverture est allongée, étroite, interrompue par
un canal court qui se reverse vers la partie supérieure et dé-
coupe sur celle-ei un bord bien arrondi. Le bord droit est
presque tranchant, il est vigoureusement épaissi, mais c'est
seulement au-dedans que l’épaisissement existe. On y trouve
une callosité qui s'étend dans le sens longitudinal et qui pa-
raît reproduire une des côtes du dehors; cette callosité est
découpée en festons comme si les cordons se reformaient
aussi au dedans; quelques dents apparaissent produites par
suite de cette disposition. Le bord gauche est très réfléchi
sur la columelle, il devient même légèrement calleux sur
le rebord; puis il s'épanouit assez largement pour aller
rejoindre l’échanerure; celle-ci est très peu profonde, elle
s'arrondit d'abord, et se dirige ensuite, suivant une ligne à
27 ee
peu près droite mais très oblique, sur l'épanouissement du
bord droit; la columelle est légèrement arquée.
LVIT. — PLEuROTOMA NoDosu.
PI. V, fig. 15.
Testa imperforata, fusiformi; costis paucis, longitudinali-
bus, lirisque validis, nodosis, majoribus, spiraliter decussata;
pallide fulva; anfractibus oclonis, primis levibus, lente cre-
scentibus, ultimo dimidium teste œquante in canalem brevis-
simum desinente; apice obtusiusculo;apertura elongata,angusta,
margine dextro acuto, intus leniter incrassalo ; sinistro reflexo;
fissura minutissimu, lata circulari.
Long. 0,004. Diam. 0,015.
À première vue, cette espèce paraît ressembler à la précé-
dente, d’abord en raison de sa forme qui est également al-
longée, puis parce qu'elle est à peu près colorée de la même
façon, parce qu'elle est côtelée de n:ême, et que les côtes se
trouvent aussi croisées par des cordons, suivant le sens de la
spire. Mais elle en diffère sur les quelques points que voici :
les côtes qui l’ornent sont beaucoup moins nombreuses que
sur l’autre espèce, lés cordons et les côtes, par leur croise-
ment, ne forment point de réseau sur la surface, les sillons
qui séparent les cordons sont ici profonds et étroits, les cor-
dons s’amincissent vers le milieu des intervalles qui séparent
les côtes, puis ils s’élargissent en se rapprochant de
celles-ci, et forment sur elles des nœuds à peu près qua-
drangulaires. Avec un fort grossissement, on aperçoit des
stries longitudinales qui suivent les côtes. Le nombre des.
tours de spire est de huit, dont le dernier est presqu’égal à
la moitié de la coquille entière, les premiers sont lisses, crois-
sent lentement; le sommet est légèrement obtus. L'ouverture
est allongée, très étroite, les deux bords sont séparés par un
canal fort court. Le bord droit est mince, sans être épaissi,
il n’est cependant pas tranchant; au dedans on trouve un
épaississement analogue à celui qui existe sur l'espèce précé-
D, —:
dente, mais qui est un peu moins prononcé. L'échanerure
qui sépare le bord droit de l’avant-dernier tour est très large,
à peine profonde, elle rejoint un épanouissement très pro-
noncé du bord gauche, légèrement réfléchi sur la columelle;
celle-ci est un peu arquée.
LVILE. — PLEUROTOMA HIRSUTUN.
j PEN RE 06"
l
Testa imperforaia, elongatula, fusiformi, albido-fulva,
costulis acutis, longiludinalibus, nodulosis, lirisque spirali-
bus, prominentibus, decussata, anfractibus septenis, lente cres-
centibus, subcarinatis ; privres magis colorati, ultimo 2/3 testæ
œquante, in canalem brevem, paulo obliquum, desinente; apice
subacuto; sutura crenulala ; apertura elongata, angusta, sub-
quadrata, margine dextro incrassato, denticulato, sinistro fere
recto; fissura lala, satisprofunda.
Long. 0,0034. Diam. 0,0016.
La jolie et remarquable espèce de Pleurotome dont il s’agit
ici, est moins allongée que celles dont il vient d'être ques-
tion, elle est néanmoins fusiforme. C’est surtout à l’expan-
sion du dernier tour qu’elle doit son apparence plus ramas-
sée. Elle est de couleur jaunâtre assez pâle, presque blanche,
avec quelque peu de brillant et une très légère transparence.
Elle est composée de sept tours de spire croissant très lente-
ment. Les premiers sont plus vivement colorés que ceux qui
les suivent, et c’est une teinte rosée assez agréable qui les
nuance, Le dernier tour est à peu près égal aux deux tiers
de la coquille entière. Des côtes longitudinales aiguës et
tranchantes, assez distancées les unes des autres, légèrement
obliques, font saillie sur la surface de tous les tours, à part
les deux ou trois premiers. Des cordons qui sont aussi lé-
gèrement tranchants contournent les tours de spire dans le
même sens que ceux-ci; ils croisent les côtes, et au point
de jonction, côtes et cordons s’enflent et donnent lieu à des
protulérances très saillantes, qui sont terminées par des
1 Go
pointes fort souvent crochues. La coquille paraît ainsi héris-
sée d’aspérités accuminées. Sur le dernier tour, les côtes
s’effacent aux environs du bord gauche de l'ouverture, les
cordons demeurent seuls bien prononcés et tranchants. L'ou-
verture est allongée, étroite, presque quadragonale, les deux
bords se rejoignent en contournant un canal assez large, un
peu oblique et légèrement renversé en arrière. Le bord
droit est épaissi, il est bordé de dents formées par les sil-
lons qui au dehors séparent les cordons transverses, et qui :
se reproduisent en relief à l’intérieur. Le bord gauche est
long, presque droit, avec un petit épanouissement sur la co-
lumelle. L’échancrure est assez profonde, assez large, elle
s'arrondit au fond et revient suivant une ligne à peu près
droite, rejoindre l'épanouissement du bord gauche ; elle se
trouve comme abritée par l’exubérance des saillies aiguës
qui s'élèvent énormément sur le dernier tour et la dernière
côte.
LIX. — PLEUROTOMA IMPERFECTUM.
Testa fusiformi. rubro-fusca, costis longiludinalibus, leviter
prominentibus lirisque spiralibus, minulis, rotundalis, vit ex-
pressis decussata : anfractibus seplenis, lente crescentibus, ullimo
magno 5/8 lesiæ œquante, in canalem vix definitum desinente, sutura
undulata ; aperlura elongala, margine dextro acuto, sinistro reflexo..
Long. 0%,0042, Diam. 0,0018.
Plus fusiforme que les précédentes espèces, le pleurotome
imperfectum est d’une jolie couleur orangée foncée. Il est
orné de côtes longitudinales qui s’épanouissent et s’élargis-
sent sur le milieu des tours de spire. De petits cordons trans-
verses, peu proéminents, réguliers et arrondis, séparés par
des sillons assez bien définis et ayant à peu près la même
largeur, courent par dessus les côtes et traversent les larges
intervalles qui les espacent. Le sommet est légèrement obtus.
Les tours de spire sont au nombre de sept, ils croissent len-
tement. Le dernier, plus grand que tous les autres, se déve-
EPA : 2
loppe aussi en diamètre vers sa partie moyenne. Ils sont
séparés par une suture simple, quelquefois assez profonde
et ondulée par les extrémités des côtes. L'ouverture est
assez large, peu allongée. Son bord droit est tranchant,
épaissi au-dedans ; il rejoint le bord gauche par un canal
assez large, oblique, pas mal profond. Ce dernier bord s’é-
panouit sur la columelle et sur la base de la coquille, en ve-
nant rejoindre l’échancrure qui fait presque défaut; extrê-
mement élargie, elle n’a pas de profondeur.
LX. — CnenmnirziA RaANGrI.
PL VI, fig. IL.
Tesla imperforala, elongata, conica, apiceoblusiuseula, flavescente;
anfraclibus duodecimis, levibus ; prioribus normalibus, sequentibus
gradatis, ullimo 1/3 testæ æquante ; sutura superne simplici, deinde
anfracluum progressu marginala ; apertura quadrangulari, margi-
nibus simplicibus, sinistro reflexiusculo.
All. 0,0027. Diam. 0,0011.
C'est comme hommage à la mémoire du savant comman-
dant Rang que nous ayons donné son nom à la curieuse es-
pèce de Chemnitzia dont il s'agit ici, et nous éprouvons
quelque satisfaction de pouvoir ainsi témoigner de nos sen-
timents de profonde estime pour un chef sous les ordres du-
quel nous avons servi, aussi bien que de notre admiration
pour son grand savoir. Cette coquille est dé petite taille,
conique, allongée, de couleur jaune tirant un peu sur le brun;
son sommet est assez obtus; elle se compose de douze tours
de spire tous lisses. Les bords des premiers sont à peu près
droits, et sur leur parcours, la coquille est bien conique. Les
quatre ou cinq derniers diffèrent des premiers, vers leur par-
tie inférieure, ils s'échappent au dehors de la génératrice du
cône, s'évasant sur le plan de la base, et forment une marge
saillante de peu d'épaisseur, presque tranchante,sur son pour-
tour. Cette expansion de la base suit les tours de spire, aug-
mentant de saillie à mesure qu’ils augmentent d’ampleur ;
po
elle vient ainsi se terminer sur le bord droit de l'ouverture.
La suture est extrêmement simple, elle se trouve sur les tours
pourvus de la marge que nous venons de dire, en dedans de
celle-ci, sur le tour qui la suit. L'ouverture est à peu près
quadrangulaire, ses bords sont simples, le gauche se réfléchit
légèrement sur la columelle.
LXI. — ÆULIMA ADAMANTINA.
PI. VI, fig. 2.
Tesia minulissima, imperforala, elongata, arcuala, acuminala, ni-
hidissima, hyalina ; anfractibus novenis, planis, sutura vix conspicuä
Junclis ; ullimo 1/3 leslæ œquante ; apertura semilunari; margini-
bus paulo incrassalis, sinistro leviter reflexo.
Long. 0,0025. Diam. 0,0008.
Rien n’est plus brillant que cette espèce d’Eulima, elle est
de forme très allongée, et bien que son sommet soit légère-
ment, obtus l'allongement de la coquille la fait paraître aigue.
Elle est cristalline, extrêmement diaphane, avec un éclat con-
sidérable. Elle se compose de neuf tours de spire qui, d’a-
bord, croissent lentement et dont l’ensemble est soumis à une
courbure assez prononcée, tournant de droite à gauche, c’est-
à-dire que le côté droit est concave et le gauche convexe. Les
tours de spire sont unis par une suture simple, une ligne,
pour ainsi dire très fine et très nettement, tracée. La transpa-
rence de la coquille permet d'apercevoir le plan de la base de
chacun des tours épaississant un peu le test sur une très pe-
tite marge au-dessus et au-dessous de la suture. Le dernier
iour est égal au tiers environ de la longueur totale, ilest imper-
foré. L'ouverture est allongée, demi-circulaire ; les bords en
sont simples, bien rejoints, presque tranchants, le gauche se
réfléchit légèrement et se contourne jusque sur sa columelle.
LXIL — EuLima PRocaA.
PI. VI, fig. 3.
Tesla imperforala, elongalo-acuminala, levi, nilida, superne lac-
ENT
tea, inferne carnea el maculis uslutato-rubris, triangularibus, sutu-
ram concomitantibus picta : apice oblusiuseulo : anfractibus 10-11,
primum valde anguslis, deinde majoribus, rotundalis, ultimo teslæ
fere 1/3 œquante ; aperlura - cordiformi, marginibus leviler incras-
salis, sinistro valde reflexo.
Long. 0,0038. Diam. 0,001.
Cette seconde espèce d’Eulima est aussi fort jolie et fort
remarquable. Elle est de forme allongée, très acuminée sur
les premiers tours de spire; elle prend au contraire de l’am-
pleur, de la rotondité même sur les derniers, Les côtés de la
coquille au lieu d’être tout simplement droits, ou décrivant,
ainsi que cela se présente d'ordinaire, une courbe toujours de
même nature, généralement convexe, adoptent sur cette es-
pèce une double courbure. La ligne qui dessine son contour
est d'abord concave, puis elle devient convexe. Il résulte de
cette différence dans les bords des tours de spire un ensemble
original, qui imprime à l’Eulima proca une tournure toute
particulière, et un caractère singulier de forme. Son sommet
est légèrement obtus, les tours de spire sont au nombre de
dix ou onze, ils croissent d’abord lentement et sans élargis-
sement bien sensible, ce qui donne à la première partie de la
coquille, sur cinq ou six tours environ, un aspect subcylin-
drique ; ils sont légèrement arrondis, et sont unis par une
‘suture large, relativement, avec quelque profondeur. Vers le
huitième tour, l'ampleur se fait déjà sentir et la suture s’est
amoindrie; elle n'est plus, au-delà, qu’une simple ligne à peine
imprimée. Le dernier tour est à peu près égal au tiers de la
longueur totale, il est imperloré. L'ouverture est cordiforme,
les bords en sont légèrement épaissis ; le gauche se réfléchit;
ils sont colorés en carmin brûlé. Les premiers tours d’un
blanc de lait apparaissent bien encadrés entre la suture et
leurs bords; les derniers sont couleur de chair ou teintée
en une nuance orangée claire. De longues taches triangulaires,
assez régulières, vivement colorées en carmin brûlé, ont leur
base le long de la suture, elles en suivent les contours et se
maintiennent à une courte distance de ceux-ci. Cette singu-
GR LE
lière ornementation ajoute un cachet de plus à loriginalité
de cet Eulima.
LXIII — Eurima ciBpa.
PL. VI, fig.
Testa imperforuta, ventricosa, sursum acuminala, apice oblusius-
cula, crystallina, nilidissima, anfractibus novenis, lente crescentibus,
sutur& simplici junclis, ullimo lumido, ad sinistram majus inflato ;
aperlura semilunari ; marginibus simplicibus , columellari valde
reflexo. s
Long. 0,003. Diam. 0,0013.
Ainsi que les précédentes, cette espèce peut aussi être citée
comme remarquable ; elle est corpulente, assez accuminée,
recourbée vers la partie inférieure, son sommet paraissant
chercher à rencontrer l'ouverture. Elle est tout aussi diaphane
que l’adamantina, pourvue d’un éclat semblable. Elle se com-
pose de neuf tours de spire, les premiers croissent lentement
en longueur, mais proportionnellement ils s’élargissent fort ra-
pidement ; l'extension se produit surtout sur la partie gauche.
Le dernier tour qui, à lui seul, forme la moitié de toute la co-
quille est extrèmement développé sur ce côté, 1l est enflé et
sort considérablement des lignes que les bords des tours pré-
cédents sembleraient devoir lui assigner comme contours.
Pour retrouver l'ouverture, quand le dernier tour a atteint son
maximum d'extension, il faut qu’il se rejette à droite, suivant
une ligne très oblique. Ces conditions extra-normales lui im-
priment, et par suite à toute la coquille, une forme bossue
qui constitue un des principaux caractères de cette espèce.
La suture est la même que celle de l'E. adantamina. L'ou-
verture est cordiforme, allongée, ses bords se rejoignent bien
et sont unis par une courbe suivant laquelle on peut mesurer
sa plus grande largeur. Les bords sont légèrement épaissis,
le gauche, tout à fait à la base de l'ouverture, se réfléchit et
s'étend en dehors sur le dernier tour en suivant une sorte
d'angle décurrent, il s’épanouit en même temps au dedans et
vient se réfléchir sur la columelle.
Le GE Se
LXIV. — EuLimA ELEGANTISSIMA.
PI. VI, fig. 5.
Tesla imperforata, oblonga, nilidissima, pellucida, fasciis duabus
fulvis el maculis obliquis, alternantibus ornala ; spira acuminata,
apice oblusiusculo ; anfractibus decimis, lente crescentibus, planis,
ullimo magno, testæ dimidium œquante ; sulura simplici ; aperlura
elongala, piriformi, marginibus incrassatis, fuscis, sinistro basi
valde reflexo.
. Long. 0,005, Diam. 0.0015.
Cette petite coquille, d’une élégance complète, est par
cette raison des plus remarquables. De forme allongée, acu-
minée, elle se compose de dix tours de spire qui croissent
lentement et qui sont réunis par une suture des plus sim-
ples, les bords de ces tours sont droits, lisses, sans convexité,
et la suture n’apparaissant que comme une faible ligne set-
pentant sur la surface totale, il s’en suit que la coquille
semble non interrompue et toute d’un seul jet. Le dernier
tour occupe à peu près la moitié de la longueur totale, il est
imperforé, cependant une légère dépression allongée, recou-
verte en partie par une réflexion du bord gauche de l’ouver-
ture, paraît former une cavité qui, à première vue, paraît
simuler une perforation. La forme acuminée de la coquille
entière atténue légèrement la forme semi-pointue, semi-ob-
tuse du sommet que l’on peut considérer néanmoins comme
aigu. L'ouverture est entière, allongée, piriforme, les deux
bords, .colorés en brun assez foncé, se rejoignent bien; le
gauche se dédouble pour se réfléchir sur la columelle, il
vient ensuite s'épanouir à la base sur le dernier tour. Ce n’est
pas seulement la forme extrêmement gracieuse de l’Eulima
elegantissima qui doit la faire considérer comme une coquille
remarquable, c’est aussi l'éclat excessif avec lequel elle brille
et sa transparence égale à celle du plus pur cristal. La vivacité
de son éclat est due à son poli parfait, tout autant qu’à
sa limpidité. Chacun des tours est orné de deux rubans
fauves qui suivent la spire, la nuance est assez vigoureuse
EEE
sur le milieu de chaque ruban, elle se fond un peu sur les
bords et se lave presque dans la teinte cristalline. Il en est
de même pour des taches allongées qui, suivant une direction
oblique, inclinée vers la gauche, relient les rubans entre eux.
Cet ensemble donne à l'Eulima elegantissima une certaine
apparence marbrée. Les environs de la suture paraissent
épaissis au dedâns ; sur les derniers tours surtout, il semble
s’y trouver comme un petitruban presque opaque,qui blanchit
légèrement en cet endroit l'aspect vitré du test.
LXV. — Eurima Ecopra.
PI. VI, fig. 6.
Tesla imperforala, elongata, nilida, laclea, subopaca ; spira co-
noîidea, apice oblusiuscula ; anfractibus 11-12 lente crescentibus,
sutura simplici junctis, ullimo 2/5 testæ æquante ; aperlura cordi-
fogmi, subobliqua, basi rotundata, marginibus subincrassalis, co-
lumellari reflexiusculo.
Long. 0,005. Diam. 0,0015.
Cette espèce est, aussi bien que les autres Eulima, gracieuse
élégante, charmante de forme, de pureté et d’éclat. Elle est
très allongée, son côté droit est à peu près rectiligne, le gau-
che suit une courbe bien convexe, ce qui n'empêche pas la
coquille de paraître conique; son sommet quoique très légè-
ment oblus, nous pourrions dire presqu’aigu, n’altère en rien
sa forme acuminée. Elle est composée de onze ou douze tours
de spire qui croissent très lentement; le dernier qui est imper-
foré égale environ les deux cinquièmes de la longueur totale.
Ces tours sont unis par une suture simple que nous pourrions
appeler une ligne très nette à peine imprimée. L'ouverture
légèrement oblique est cordiforme, les bords en sort bien
réunis à la base par une courbe sur laquelle peut se mesurer
sa plus grande largeur. Sans être tranchants, ces bords sont
à peine épaissis, celui de gauche s’élargit pour se répandre
d'un côté sur le dernier tour, de l’autre sur la columelle, ceci
l’élargit sensiblement, et le fait paraître réfléchi. Sous certains
nr
jours l'Eulima Elodia qui est d’un blanc laiteux, paraît pres-
qu'opaque, cependant elle est éclatante et assez diaphane
pour qu'avec une direction convenable de la lumière on
puisse parfaitement apercevoir tous les détails de sa structure
intérieure et s'étonner d’une apparence de double suture.
On peut remarquer en effet au dessus de la suture réelle un
ruban d’un blanc plus vif qui lui est parfaitement parallèle et
qui la simule exactement. En suivant cette apparence et en
même temps la suture, jusqu’à l’angle de l’ouverture sur le
dernier tour, on se rend compte du faitetl'illusion se dissipe
naturellement.
LXVI. - EuLima opazina.
|
PI. VI, fig. 7.
Testa imperforala, elongatula, opaca, nitida, opalina, rubro nube-
culala ; spira conica, allenuala, apice subacula ; anfractibus decimis
tente crescentibus, sutura simplici junclis ; ullimo 1/3 teslæ æquante,
- basi valde depresso ; apertura subquadrangulari, marginibus leviter
incrassalis, columellari reflexo.
Long. 0,0035. Diam. 0,0018.
C'est encore sous un aspect des plus agréables que se pré-
sente cette espèce. Elle est assez allongée, moins cependant
que plusieurs de celles qui précèdent, et c’esten raison de sa
largeur qui est bien plus considérable. Elle est franchement
conique et pour cette cause paraît bien acuminée, son sommet
du reste est aigu. Sa spire se compose de dix tours qui crois-
sent lentement, ils s’élargissent plus qu'ils ne s'élèvent. Le
dernier tour, qui est à peu près égal au tiers de la longueur
de toute la coquille, est imperforé et subit une très-forte
dépression à sa base. Une suture simple, semblable à celle
des espèces précédentes, unit ces dix tours. L'ouverture est
subquadrigonale, aiguë vers le point de jonction du bord
droit avec l'avant dernier tour. Le bord droit est simple, légè-
rement épaissi; en se réfléchissant il rejoint sans interruption
le bord gauche, celui-ci, par suite de cette réflexion s’élar-
git et s'échappe, d’un côté sur le dernier tour en dehors, et
de l’autre, sur la columelle en dedans. Cette espèce est pres-
&:
DER
qu'opaque, colorée en une nuance d’opale, qui se trouve plus
prononcée sur les derniers tours. Sur ceux du milieu, des
nuages carmin longent la spire en se noyant dans la teinte
générale.
LXVIL. — SiGARETUS SOUVERBIEI
PI. VL fig. 8 —9.
Tesla umbilicata, superne convexa, sublüs depressa, futvescente ;
strigis irregularibus, transversis, aliisque longiludinalibus, minori-
bus reliculala ; spira brevi; anfractibus tribus, celeriler crescen-
tibus, ullimo permagno ; apertura ampla, ad columellam angulari ;
marginibus tenuibus, dextro dilatalo, sinistro valde reflexo.
AU. 0,0035. Lat. 0,003. Diam. 0,001.
C'est au savant conservateur du muséum d’histoire natu-
relle de Bordeaux que nous dédions cette Méléagrinicole, et
nous sommes heureux de lui offrir ce témoignage de sym-
pathie.
Cette petite coquille, de même que ses congénères, affecte
une forme arrondie, convexe en dessus, déprimée en dessous.
Elle est de couleur jaunâtre; l'ouverture est grande, circu-
laire, angulaire au point de jonction du bord droit sur le der-
nier tour. Ce bord se dilate pour se joindre à une réflexion
considérable de la columelle, ces deux extensions forment
ainsi un angle qui se détache au dehors de la spire. D’assez
fortes stries irrégulières courent transversalement, elles
sont croisées par d’autres stries longitudinales, régulières,
fines et onduleuses, leur ensemble forme un réseau sur la
surface de la coquille, celle-ci se compose de trois tours de
spire qui croisent fort rapidement, et dont ie dernier est de
beaucoup plus grand que tous les autres réunis.
LXVIII. — Ceriraium MOoRELETI.
PI. VL fig. 10.
Testa turrila, castaneo-fusca, apicem versus albidoflavescente ; an-
60
fractibus undecimis, transversim triliratis, inter liras longitudinali-
ler et late striatis, ullimo 1/3 longiladinis œquante ; aperlura ovala,
maärgine simplici, crenulalo, in canalem brevissimum produclo.
Long. 0,008. Diam. 0,0015.
M. Deshayes nous ayant signalé cette coquille comme des
plus intéressantes en ce qu’elle est presque analogue à une
espèce fossile du bassin de Paris, nous avons pensé qu'il y
avait alors quelque raison de lui donner un nom ayant quel-
que retentissement en conchyliologie. C’est celui de notre bien
cher ami, Arthur Morelet, que nous avons choisi.
Le Cerithium Moreleti est une petite coquille allongée, tur-
riculée, dont la spire a onze tours. Les premiers paraissent
lisses, et légèrement convexes; ils deviennent divisés par
trois cordons égaux qui sont séparés par des sillons propor-
tionnellement distants. Ces sillons sont largement striés; les
stries sont presque obliques et sont plus vivement accusées le
long des cordons. Le dernier tour qui forme à peu près le
tiers de la coquille entière, indépendamment des trois cordons
ordinaires, en possède deux de plus; ces derniers sont plus
petits que les autres, l’un part à peu près du point où le pé-
ristome se rattache par un angle assez aigu au dernier tour,
l’autre semble sortir de l'ouverture à une faible distance du
précédent. Le système de stries se continue dans les deux
petits sillons qui se trouvent entre le troisième et le quatrième
cordon ainsi qu'entre le quatrième et le cinquième; sur ces
parties elles paraissent même plus profondes. Au delà, au
contraire, sur la base de la coquille elles sont à peine visibles,
et rentrent très obliquement dans l'ouverture. La suture se
distingue facilement entre les derniers tours, au-dessus du
troisième cordon, elle apparaît comme bordée par un cordon
plus petit que les autres qui diminue la largeur dusillon régnant
entre le dernier cordon d’un tour et le premier du tour sui-
vant. L'ouverture est légèrement ovale, anguleuse aux extré-
mités de son grand axe, le bord gauche se recourbe pour
former un M à fort court, Le bord droit est simple, légère-
LEUR
ment tranchant, il est festonné par cinq crénelures qui sont
formées par les empreintes des cordons. La couleur de ce
Cerithium est d'un brun foncé, pâlissant sur les premiers
tours, au sommet elle n’est plus que d’un jaune presque
blanc.
LXIX. — Ceriruium Kanoni.
PI. VI, fig. 11.
Testa turrita, albida, nitida, maculis longitudinalibus, elon-
gatis, obliquis, rubro-fuscis, marmorata; anfractibus unde-
cimis, transversim triliratis, inter liris longitudinaliter et late
striatis, ultimo 1/3 longitudinis œquante ; apertura subovata,
Mmargine simplici, crenulato, in canalem brevissimum producto.
Long. 0,005. Diam. 0,0015.
Cette fort jolie espèce est, comme la précédente, turriculée,
composée aussi de onze tours de spire dont le dernier équi-
vaut au tiers environ de la longueur totale. Ces tours sont
ornés de trois larges cordons, subaigus, subarrondis, séparés
par des sillons très étroits, il se trouve deux cordons supplé-
mentaires à la base. Les sillons sont finement striés. Ces tours
sont unis par une suture des plus simples, apparente en ce que
l'espace qui sépare le dernier cordon d’un tour, du premiet
sur le tour suivant, est plus large que les autres. L’ouver-
ture est subcirculaire, petite, le bord droit simple et crénelé
rejoint le bord gauche pourvu d’un canal fort court et obli-
que, ce dernier bord est lui-même légèrement ‘oblique. La
columelle est recoürbée ayant une partie rentrante qui, par
sa concavité, donne à l'ouverture son caractère arrondi. La
couleur de la coquille est d’un blanc laiteux, elle est coupée
Jlongitudinalement de bandes rousses qui chevauchent obli-
quement et irrégulièrement sur les cordons, simulant des en-
cadrements, ce qui marbre fort gracieusement l’ensemble.
Ce cerithium a quelque rapport avec le précédent ; il en diffère
en ceci: ses cordons sont beaucoup plus forts, plus rappro-
chés les uns des autres, les sillons qui les séparent sont bien
plus étroits, les stries qui s’aperçoivent dans les sillons sont
PRES
plus fines, et se font remarquer surtout sur le fond des
sillons.
Nous avons dédié cette espèce au capitaine Kanon.
LXX. — CeriTaiumM DESTRUGESI.
PI. VI, fig. 12.
Testa turrila elongata, primum castanea, dein flava ; fusco
tæniata ; (anfractibus quatuordecimis, sutura simplici junctis),
quadriliratis, liris inœqualibus, margaritis subacutis ornatis,
inter margaritas sulcis longitudinalibus ; ultimo anfractu brevi,
depresso; basi unilirata, longitudinaliter striata; apertura qua-
drangulari, margine dextro crenulato,in canalem ad sinistram
producto.
Long. 0,006. Diam. 0,0018.
C'est au docteur Alcide Destruges, en témoignage de grati-
tude pour les recherches qu'il opère à notre intention au
centre de l’Amérique, recherches qui ont déjà produit quel-
ques fruits; que nous dédions cette charmante et curieuse
espèce. Comme les précédentes, c’est une coquille turriculée,
allongée, composée de quatorze tours de spire réunis par
une suture simple et crénelée. Chacun de ces tours est orné
de quatre cordons inégaux. Le premier est fort petit, le
second beaucoup plus fort, puis vient le troisième peut-être
un peu plus gros que le premier, enfin le quatrième qui par
sa dimension est supérieur aux trois autres. Ces cordons sont
séparés par des sillons très étroits. Ils sont divisés par
une série de perles subaiguës dont la succession semble
former des côtes longitudinales séparées par des inter-
valles assez larges. Ces perles sont à peine sensibles sur le
troisième cordon et n'apparaissent pas pour ainsi dire
sur le premier. Ce sont celles du quatrième qui, en se pro-
longeant, festonnent la suture. L'ouverture est subquadran-
gulaire, le bord droit est simple, crénelé, il rejoint le gauche
en prenant touj à coup une direction perpendiculaire à celle
qu’il suivait d'abord pour former un canal légèrement obli-
DONNE
que, court et quelque peu renversé vers la base. Le bord
gauche assez fortement contourné rejoint la columelle légè-
rement courbe. La couleur de ce Cerithium est d’un beau
jaune, un ruban brun marron contourne la spire au-dessus
et au-dessous de la suture.
/ LXXI. — TRriPHORIS CUCULLATUS.
PI. VL fig. 13.
Testa elongato-turgidula, apice acuminata, alba, fusco mar-
morata; anfractibus sepledecimis, sutura simplici junctis; prio-
ribus liris duobus spiralibus, margaritis notatis ; sequentibus
inœqualiter triliratis ; ultimo margaritarum seriebus quinis vel
seætis ornato, testæ 1/4 adæquante ; aperiura subcirculari in ca-
nalem brevem, obliquum, clausum, desinente.
Long. 0,0075. Diam. 0,0019, 0,002.
Très curieuse espèce, allongée, un peu ventrue, très acu-
minée, de couleur blanche marbrée de brun, se fondant en
des nuances légères, quelquefois d’un brun foncé, marbrée
par des atténuations de teintes. Cette fort jolie coquille est
composée de dix-sept tours de spire qui sont réunis par une
suture simple, assez profonde. Le dernier de ces tours équi-
vaut au quart environ de la longueur totale de la coquille. Ils
sont ornés, les premiers, de deux cordons, puis de trois, le
dernier de cinq et même de six. Sur les tours ornés de trois,
le cordon du milieu est plus petit que les deux autres. Ils
sont séparés par des sillons assez étroits, et sont divisés par
une série de perles arrondies du plus gracieux effet. L'ou-
verture est presque circulaire et présente un caractère assez
singulier. Le bord gauche, sinple et crénelé, décrit les trois
quarts environ d'un cercle et vient, en passant par dessus la
columelle, retomber sur la base de la coquille; en cet endroit
il forme un angle très-aigu suivant lequel il se rejette en ar-
rière, suit une autre courbe et produit un canal arrondi fort
court qui se trouve ainsi presqu'entièrement recouvert.
Le bord droit s’arrondit lui-même en s'inclinant vivement
Lg Me
pour rejoindre la base sur laquelle il termine la courbure de
l’ouverture.
LXXII. —— Nassa LECADREI.
PI. VI, fig. 4.
Testa fusiformi, solida, costis longitudinalibus, latis, et strigis
spiralibus satis validis clathrata : castaneo-violacea, rubro et
albo fasciata; anfractibus septenis, rapide crescentibus, sutura
crenulata junctis, rullimo maximo, testæ dimidiam partem
æœquante, in canalem latum obliquum desinente; apertura ovata,
labro subacuto, superne emarginato ; columella latissima ar-
cuata, subperforata.
Long. 0,008. Diam. 0,0041.
Nous avons pensé ne pouvoir mieux clore cette série d’es-
pèce nouvelles Méléagrinicoles, qu'en dédiant à l’éminent
Président de la Société Havraise d’études diverses, celle dont
il s’agit ici. C’est l’une des plus remarquables que nous ayons
rencontrée dans les retraites fournies par la Méléagrine.
Le Nassa Lecadrei est une fort jolie coquille fusiforme, assez
ventrue. Elle est de couleur brun-violacé, divisée par des
bandes blanches et rousses. Des côtes longitudinales, larges
et assez proéminentes, séparées par des espaces qui les éga-
lent à peu près, ornent les tours de spire. Des stries, assez
régulières, assez saïllantes, et plus accusées sur la base cou-
rent dans le sens de la spire, passant par dessus les côtes et
franchissant les intervalles qui séparent celles-ci. Le nombre
des tours de spire est de sept, séparés par une suture des plus
simples que les côtes festonnent, le dernier très-renflé égale
en longueur la moitié de la coquille environ. L'ouverture est
ovale légèrement oblique, le bord droit presque tranchant
est pourvu au dedans d'un épaississement ponctué par une
série de petites dents, il se contourne en un canal faiblement
sinueux dont le fond se trouve tout à fait à gauche; et par là,
il rejointl’autre bord. Celui-ci, plisséà l'intérieur, recouvre lar-
RG; F RUE
gement la columelle et la base par un épanouissement qui va
se terminer vers une fissure très arrondie, venant d’assez loin
au dedans, et dont les points d'union avec chacun des bords
sont.marqués par des pointes assez aiguës. La columelle, ex-
trèmement dilatée au dehors, gonflée et contournée, paraît
ombiliquée par suite de l'épanouissement du bord gauche
qui recouvre une portion concave de son contour.
Les recherches que nous avons poursuivies sur de nou-
velles valves de Méléagrines, depuis l'achèvement de ce tra-
vail, nous ont mis en possession d’un grand nombre d’espèces
qui ne figurent pas sur la première liste dressée par M. Des-
hayes. En outre, nous attendons de Panama de nouveaux
éléments d’études qui nous permettront d’ajouter bien cer-
tainement à ce catalogue ; il deviendra donc nécessaire d’en
dresser un nouveau, et ce ne sera pas un des résultats les
moins curieux de nos recherches que la constatation du
nombre énorme de mollusques parasites qui vivent sur la
Méléagrine, et souvent aux dépens de son propre test.
Nous considérons comme un devoir de remércier, en ter-
minant, les personnes qui ont bien voulu s’essocier à nos
travaux en nous fournissant avec une rare obligeance les ma-
tériaux précieux où nous avons puisé. Que MM. de Zeltner,
consul de France à Panama ; Hue et Lamarque ; Louis Le-
quellec , armateurs à Bordeaux ; Godefroid, capitaine du
Courrier de Colon; Guillard, capitaine du Phocéen, et Kan-
non, capitaine de la Marianna, veuillent donc bien agréer,
ici, l'expression de notre vive et sincère gratitude.
Havre— Hhup.Lepelletier
LES MESEAGRINICOLES . Limite
{A
P
P.Lackerbauer hith.
mp Becquet, Pirrs .
1-4. Gastrochæna denticulata .Deshayes.| 6 _41. Gastrochæna Folin. Deshayes.
5. Perforation du Gast. denticulata. 12. Perforation du Gastro Folini.
13-16. Gastrochæna distincta.
” LES MELEAGRINICOLES. PT
P Tackerbauer tk. mp Becquet, Paris.
1-3. Saxicava initialis. 7-9. Sphoenia regis Cp,
LEGS. = > acuta. nd, D ”acnicensis.
15-145; Cumingia Moulinsi .
RL ALL Lit Ty -
L
L LES MELEAGRINICOLES. PRIT
#
A V4 j NT
1L'%e Lolin del _ Împ Becquet, Paris.
1_4. Petricola anachoreta. 8_12. Erycina (Kellia) biocculta.
5_6@P. ______ venusta 13-15. E. proxima .
++ 16 8 Erycina triangularis.
: AU
CAT.
MELEAGRINICOLES .
LRU Fohn delt Imp.Becquet, Paris.
1_2. Cypricardia Noema. g-10. Crepidula Deshayesii.
3_5. Modiola(kthodomus) excavata. 11. Les différents de du Coœcum.
6_8. Malleus obvolutus. 12-25. Diverses formes du Septum.
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MELEAGRINICOLES .
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8. Fossarus mediocris.
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LES MELEAGRINICOLES . POV
4 no] 3 4 5
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Li de Fohm delt {mp.Becquet, Paris.
1. Chemnitzia Rangiana. 8. Euhma elegantissima. | 10. Cerithium Moreleti. %
2. Eulima adamantina. GE Tlodia. a. C = = "Kinont, ‘7
GA _ proca. YA Opalina. : CON CRE CR Destrugesi . Lx
ARE gibba. 89. Sigaretus Souverbiei. | 15. Triphoris cucullatus.
14. Nassa Lecadrei.
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DOM VANÉE RL ENRESRRER EEE ERP RAr AnOnT : L'PPPIAAAAE A EES
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